Législatives 2025 : large victoire de l’UDB, mais les soupçons persistent

L’Union démocratique des bâtisseurs (UDB) a remporté une victoire écrasante aux élections législatives de 2025, s’assurant 71 % des sièges à l’Assemblée nationale, selon les chiffres communiqués par son secrétaire général, Mays Mouissi, lors d’un point de presse tenu le 14 octobre à Libreville. Avec 103 députés élus sur 145, le parti au pouvoir affirme consolider sa légitimité et son ancrage dans les neuf provinces du pays.

Pour Mays Mouissi, cette victoire constitue une « étape historique » dans la marche du parti fondé par Brice Clotaire Oligui Nguéma. Le secrétaire général a salué « la confiance renouvelée du peuple gabonais » et a promis que l’UDB jouera pleinement son rôle de force de proposition au sein de la 14ᵉ législature. Le parti s’est également félicité de ses résultats aux élections locales, où il a obtenu la majorité dans 103 conseils municipaux sur 122, confirmant sa domination politique à l’échelle nationale.

Cependant, cette satisfaction triomphale ne dissipe pas les soupçons de fraudes et d’irrégularités qui ont jalonné le processus électoral. Plusieurs formations de l’opposition et observateurs indépendants ont dénoncé des pratiques douteuses observées à différentes étapes du scrutin : procurations abusives, bourrages d’urnes, pressions locales et anomalies dans la transmission des procès-verbaux. Si l’Autorité de régulation des élections et du référendum (ARER) a promis d’examiner les contentieux en cours, le climat de méfiance persiste.

Conscient de ces tensions, Mays Mouissi a tenté d’apaiser les esprits, rappelant que l’UDB « se soumettra aux décisions des autorités compétentes » concernant les six circonscriptions où des reprises de vote sont prévues. Il a également appelé les nouveaux élus à incarner la dignité et la proximité avec les populations, tout en réaffirmant la volonté du parti de demeurer un acteur du dialogue et de la cohésion nationale.

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Au-delà des chiffres, cette victoire met en lumière une double réalité : celle d’un parti qui hérite désormais des vices féroces du PDG dont il bénéficie d’ailleurs du soutien, mais aussi celle d’un scrutin entaché de zones d’ombre qui fragilisent la confiance citoyenne sur la promesse de la restauration des institutions faites par les nouvelles autorités. Si l’UDB célèbre son succès comme le signe d’une adhésion populaire, une partie de l’opinion publique y voit plutôt l’expression d’une puissance institutionnelle à consolider, voire à surveiller dans un Gabon encore en quête d’une démocratie apaisée et crédible.

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