Le Gabon à la 11e Conférence des Nations Unies contre la Corruption discute de la lutte contre la corruption

Le Gabon a marque sa présence à la 11e session de la Conférence des États parties à la Convention des Nations Unies contre la Corruption (CNUCC), qui se déroule à Doha, au Qatar, du 15 au 19 décembre 2025. Cet événement mondial rassemble gouvernements, experts et organisations internationales pour discuter de la lutte contre la corruption à l’échelle mondiale. Cependant, au-delà de cette participation, des voix critiques se demandent si le Gabon est réellement prêt à changer en profondeur ou si cette présence à Doha n’est qu’une manœuvre de communication pour redorer son image à l’international.

Le président de la Commission nationale de lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite (CNLCEI), Nestor Mbou, a présenté le Gabon comme un acteur engagé dans une « nouvelle ère de gouvernance ». Il a souligné les réformes législatives de 2021, telles que l’obligation de déclaration de biens pour les candidats aux élections. Bien que ces réformes soient un pas symbolique vers la transparence, certains observateurs estiment qu’elles ne font que masquer les réels enjeux du pays, où la corruption continue de gangrener les institutions.

À l’international, le Gabon cherche à s’affirmer comme un leader régional dans la lutte contre la corruption, notamment à travers sa présidence du Réseau des institutions nationales de lutte contre la corruption d’Afrique centrale (RINAC). Le pays met en avant ses réformes et son rôle central dans la promotion de la transparence en Afrique centrale. Toutefois, cette image extérieure contraste avec la réalité intérieure, où nombreux sont ceux qui remettent en question l’authenticité de ces engagements, face à un système politique où les pratiques corruptives restent profondément ancrées.

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Dans les rues de Libreville et parmi les cercles politiques, un scepticisme persistant souligne que les réformes sont souvent ignorées sur le terrain. La gestion des ressources publiques, notamment, reste marquée par des pratiques douteuses et des réseaux d’impunité qui freinent la véritable réforme. Malgré les engagements officiels, la lenteur du système judiciaire et l’immunité des élites renforcent l’idée que le pays peine à lutter contre la corruption à son propre niveau. De nombreux Gabonais continuent d’être frustrés par un système où les abus sont rarement punis.

Ainsi, bien que le Gabon soit déterminé à convaincre la communauté internationale de son engagement à bâtir des institutions plus transparentes et responsables, la réalité interne semble beaucoup plus complexe. Les réformes législatives, bien que positives sur le papier, n’ont pas encore permis de résoudre les problèmes structurels de la corruption. Le pays devra continuer de prouver qu’il est capable de réformer en profondeur, non seulement pour gagner la crédibilité internationale, mais surtout pour restaurer la confiance de ses citoyens. Le temps dira si cette participation à Doha marque le début d’un véritable changement ou si elle restera une simple façade.

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