Du 29 au 31 mai 2025, Libreville accueille la 4ᵉ édition du Festival International du Livre Gabonais et des Arts (FILIGA). Une rencontre littéraire de haut vol, ouverte au monde, qui réunit cette année une vingtaine de pays venus célébrer la pensée, les récits, les savoirs et les formes artistiques du Gabon et d’ailleurs. La cérémonie d’ouverture se tiendra dans le cadre prestigieux du Musée national des arts le 29 mai 2025.
La thématique choisie cette année, « L’intelligence culturelle à l’ère des transformations digitales », résonne comme un appel à la vigilance et à la transmission. Dans un monde où le numérique impose sa cadence, où les écrans capturent beaucoup plus l’attention des jeunes, le FILIGA cherche à réconcilier technologie et enracinement culturel. Il ne s’agit pas de résister au progrès, mais d’y inscrire la parole des écrivains, la mémoire des peuples et le souffle des créateurs.
Toutefois, derrière l’effervescence de ces rencontres, une réalité dérange : le manque de soutien des autorités gabonaises. Le président du festival ne cache pas sa déception : « Les autorités ne nous accordent ni audience ni reconnaissance. Certaines ne répondent même pas à nos courriers », confit-Il.
Un silence pesant, qui contraste avec l’intérêt que ce festival suscite à l’international. Que pourrait bien expliquer une telle indifférence pour un événement qui fait rayonner le pays ? Un paradoxe pour un État qui affirme, dans ses discours, vouloir faire de la culture un levier de développement.
Plus qu’un festival, le FILIGA est un plaidoyer silencieux, mais puissant pour la lecture, notamment auprès de la jeunesse. Il invite les Gabonais à se réapproprier les mots, les œuvres, les racines. Il leur tend le livre comme une clé d’émancipation, un outil de pensée, une lumière dans le tumulte numérique. Et dans chaque page lue, dans chaque vers partagé, se dessine une promesse : celle de bâtir une nation plus consciente, plus cultivée, plus libre.