Le CTRI se retire, la République entre dans une nouvelle ère

Par un ultime communiqué numéroté 73, le Comité pour la Transition et la Restauration des Institutions (CTRI) a annoncé, ce 2 mai 2025, sa dissolution officielle. Ainsi s’achève une phase exceptionnelle de l’histoire gabonaise, entamée le 30 août 2023 par un sursaut patriotique qui mit fin à des décennies de verrouillage institutionnel.

À la veille de l’investiture du président élu, Brice Clotaire Oligui Nguema, prévue pour le 3 mai 2025, le pays entre dans une nouvelle séquence. Celle d’un retour à l’ordre constitutionnel, mais aussi celle d’un profond renouvellement républicain. Une page se ferme, marquée par l’audace de la transition. Une autre s’ouvre, chargée de promesses et d’attentes.

Le colonel Ulrich Manfoumbi, figure emblématique de la transition, s’est exprimé pour rassurer les citoyens : les institutions mises en place sous l’égide du CTRI poursuivront leurs fonctions, conformément à l’article 187 de la Constitution promulguée en 2024. Parlement de transition, Cour constitutionnelle, Conseil économique, social et environnemental : tous restent en fonction jusqu’à l’installation des nouvelles institutions issues du futur cycle électoral.

Ce dispositif juridique évite toute rupture de l’État. Mais au-delà du droit, c’est l’histoire qui s’écrit sous les yeux d’une nation. Deux années de transition ont permis de rebâtir une confiance longtemps brisée, d’esquisser une gouvernance plus transparente, et surtout, de replacer le peuple gabonais au centre du jeu républicain.

Le retrait du CTRI n’efface rien : il consacre plutôt une transmission. Celle d’un flambeau confié désormais aux institutions civiles, aux forces sociales, à une jeunesse qui a osé croire de nouveau. Car le legs de la transition ne se mesure pas uniquement en textes ou en réformes, mais en espérance retrouvée.

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Ce 3 mai ne sera pas une simple cérémonie d’investiture. Ce sera l’aboutissement d’un cycle de réajustement historique. Et peut-être, le début d’un contrat républicain renouvelé. Un moment où l’État se veut plus proche, plus juste, et plus fidèle à ceux qu’il sert.

À travers la clôture du CTRI, c’est une leçon de démocratie en mouvement que livre le Gabon. Une promesse silencieuse aussi : celle de ne plus jamais laisser les institutions se figer au détriment du peuple.

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