Le Bénin organise le recensement et prépare le rapatriement de ses ressortissants vivant à Port-Gentil !

Port-Gentil est devenu ces derniers jours le théâtre d’une mission diplomatique délicate menée par le gouvernement béninois. Face aux tensions croissantes entre communautés et au climat de crispation sur le marché de l’emploi, Cotonou a dépêché une délégation spéciale chargée de recenser ses ressortissants et d’organiser leur éventuel rapatriement volontaire. Selon le confrère GabonReview, l’objectif affiché est clair : protéger les citoyens béninois tout en réaffirmant que leur sécurité demeure une priorité nationale.

Depuis plus d’un demi-siècle, le Gabon attire de nombreux Ouest-Africains venus chercher de meilleures perspectives économiques, notamment dans le commerce, les services et la construction. Les Béninois y ont longtemps trouvé des opportunités absentes de leur pays d’origine. Mais la crise économique persistante qui frappe le Gabon a inversé cette dynamique, alimentant chômage et frustrations, particulièrement chez les jeunes. Désormais, les étrangers sont accusés de concurrencer les nationaux sur un marché de l’emploi déjà saturé.

Ces tensions ont récemment éclaté à Lambaréné, où l’attribution de places dans les marchés locaux a provoqué des affrontements verbaux et des menaces visant certains commerçants béninois. Un climat d’hostilité qui inquiète de plus en plus les autorités de Cotonou. En réaction, le ministère béninois des Affaires étrangères a annoncé une mission spéciale à Port-Gentil, active du 3 au 5 septembre, afin de recenser les ressortissants et d’accompagner ceux qui souhaitent rentrer au pays.

La mission prévoit non seulement l’identification des volontaires au rapatriement, mais aussi la régularisation de nombreuses situations administratives. Selon Georges Kassavi, consul honoraire du Bénin à Port-Gentil, les opérations incluent l’enrôlement au Recensement administratif à vocation d’identification de la population (RAVIP), la mise à jour des données d’état civil et le renouvellement des passeports. Les autorités insistent : ce recensement est gratuit et conditionné uniquement par la présentation d’une pièce d’identité béninoise.

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Depuis l’annonce, le consulat du Bénin à Port-Gentil ne désemplit pas. De nombreux ressortissants s’y pressent pour remplir les formalités, certains par précaution, d’autres dans l’optique de préparer un retour. Pour beaucoup, l’opération est aussi une manière de réaffirmer leur lien avec leur pays d’origine, dans un contexte où les incertitudes économiques et sociales rendent leur avenir au Gabon de plus en plus incertain.

Au-delà de l’aspect logistique, cette initiative illustre les dilemmes diplomatiques auxquels est confronté le Bénin. Tout en soutenant ses citoyens, Cotonou cherche à éviter que ces tensions locales ne dégénèrent en crise bilatérale avec Libreville. Mais la réalité demeure complexe : si certains envisagent le retour, d’autres persistent à rester au Gabon, attirés par des revenus encore supérieurs à ceux proposés dans leur pays. Entre solidarité nationale, pressions sociales et impératifs diplomatiques, la mission béninoise met en lumière la fragilité de la cohabitation entre communautés en temps de crise.

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