L’Aganor déclare la guerre aux balances truquées

L’heure est au grand nettoyage dans les marchés populaires de la capitale gabonaise. Accompagnée de son Directeur général Benoît Assoumou Ondo, l’Agence gabonaise de normalisation (Aganor) a lancé, le 23 juillet 2025 dernier, une vaste opération de contrôle des instruments de pesage utilisés par les commerçants. Objectif affiché : s’assurer de la conformité des balances et garantir aux consommateurs un juste retour sur leur argent. De Nkembo à Oloumi, en passant par les Trois-Quartiers, les techniciens de l’agence passent au peigne fin chaque appareil de mesure, soucieux de rétablir la confiance dans les pratiques commerciales de proximité.

Derrière cette action, une préoccupation majeure : protéger le pouvoir d’achat des ménages, déjà mis à rude épreuve par un contexte économique tendu. Une balance déréglée, qu’elle le soit intentionnellement ou non, peut fausser le poids d’un produit et induire une perte significative pour l’acheteur. Dans un pays où la majorité des transactions alimentaires s’effectue au détail, un écart de quelques dizaines de grammes répété à grande échelle finit par peser lourd dans le panier de la ménagère.

Les agents de l’Aganor procèdent avec rigueur : toute balance vérifiée reçoit un marquage immédiat. Une vignette verte certifie la conformité de l’appareil, tandis qu’une vignette rouge signale une anomalie. Dans ce dernier cas, l’outil est retiré du circuit commercial jusqu’à sa réparation ou son recalibrage. « Notre mission est d’assurer une équité entre vendeurs et acheteurs. Chaque gramme compte, surtout pour les familles les plus vulnérables », confie un inspecteur présent sur le terrain.

Du côté des commerçants, les réactions oscillent entre prudence et adhésion. Certains reconnaissent que ces contrôles, bien que contraignants, les poussent à plus de rigueur. « L’Aganor nous oblige à rester vigilants et honnêtes. Une balance vérifiée, c’est la garantie d’un client satisfait et d’un commerce durable », témoigne un vendeur de vivres au marché de Mont-Bouët. En renforçant les exigences de transparence, l’agence entend ainsi poser les bases d’une relation commerciale plus saine, dans l’intérêt de tous.

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Consciente des disparités régionales, l’Aganor prévoit d’étendre cette campagne à l’intérieur du pays, notamment dans les zones rurales où les équipements de mesure sont parfois obsolètes ou absents. À terme, cette action vise à instaurer une justice commerciale uniforme sur l’ensemble du territoire. Car au Gabon, à l’heure de la lutte contre la vie chère, acheter un kilo de riz ou de poisson et en recevoir moins ne devrait plus jamais être toléré.

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