La décision de suspendre l’équipe nationale du Gabon après son élimination de la CAN 2025 avait frappé par sa radicalité. Moins de deux semaines après la défaite face à la Côte d’Ivoire, les autorités annonçaient la résiliation du contrat du staff technique et l’arrêt total de l’équipe nationale. Présentée comme une première étape vers une refondation du football gabonais, cette mesure laissait espérer des changements profonds dans un système souvent critiqué pour ses lacunes structurelles et ses résultats décevants.
Pourtant, la levée de cette suspension seulement douze jours plus tard interroge. Aucune explication officielle n’a été donnée sur ce qui aurait été accompli pendant cette courte période. Aucun bilan, aucune évaluation, aucune perspective de réforme n’ont été communiqués. Ce retour rapide à la normale laisse planer le doute sur la sincérité et la cohérence d’une démarche censée amorcer une véritable transformation.
La méthode employée apparaît ainsi plus réactive que stratégique. Il est difficile de percevoir dans cette succession d’annonces un plan réfléchi à long terme. La décision initiale semblait répondre avant tout à l’émotion suscitée par l’échec sportif plutôt qu’à une logique de développement durable du football national. La gouvernance sportive gabonaise se trouve dès lors confrontée à une critique légitime celle de privilégier la communication et les réactions immédiates plutôt que la planification et la rigueur.
Cette absence de visibilité sur les mesures concrètes laisse les supporters et observateurs sur leur faim. Comment juger de l’état réel du football gabonais si aucune analyse n’est partagée, si aucune feuille de route n’est présentée ? La reprise de l’activité de l’équipe nationale, sans réformes claires ni calendrier précis, risque de reproduire les mêmes erreurs et de retarder l’indispensable redressement du secteur.
Au final, ce que réclame le football gabonais va bien au-delà de la simple gestion des résultats d’un tournoi. Les attentes se concentrent sur des actions tangibles : la mise en place d’un championnat national structuré, compétitif et stable, l’investissement dans la formation des jeunes et la consolidation des infrastructures. Sans ces fondations, la relance de l’équipe nationale restera un geste symbolique, incapable d’inscrire le football gabonais dans une dynamique durable et crédible.