La libération silencieuse d’Ali Bongo signe une rupture de confiance entre Geoffroy Foumboula et le Président Oligui Nguema

Une onde de choc traverse le Gabon depuis que l’opinion publique a appris, non pas par les autorités nationales, mais par la Présidence angolaise, la libération en toute discrétion d’Ali Bongo Ondimba, de son épouse Sylvia, et de leur fils Nourredine. Une opération menée de nuit, dans un silence assourdissant, qui fait vaciller les fondements proclamés de la Cinquième République naissante. Et dans cette tempête, une voix s’élève avec clarté et fermeté : celle du député de la Transition et acteur civique Geoffroy Foumboula Libeka Makosso.

Une opération opaque, une République éclipsée

« Inacceptable. » C’est le mot martelé par Geoffroy Foumboula, qui voit dans cette libération orchestrée par le président angolais João Lourenço, avec le concours tacite, voire complice des autorités gabonaises, un acte de trahison républicaine. Le député rappelle que des plaintes formelles ont été déposées contre la famille Bongo pour des faits graves de détournements de fonds publics. Leur exfiltration nuitamment, sans procès, sans décision judiciaire, ni communication officielle, est perçue non seulement comme une humiliation nationale, mais aussi comme une insulte faite à l’État de droit.

Quand l’Union Africaine devient monnaie d’échange ?

Pour Geoffroy Foumboula, il ne fait aucun doute : la libération de la famille Bongo a été monnayée contre la réintégration du Gabon dans l’Union Africaine. Une transaction aux allures de chantage diplomatique, que l’élu juge incompatible avec la souveraineté d’un État qui se veut indépendant. « Le Gabon ne peut pas devenir un pion sur l’échiquier géopolitique africain. Ce qui s’est passé ne se produirait jamais en Angola, et pourtant c’est bien l’Angola qui nous l’impose », déplore-t-il.

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Justice à géométrie variable ?

La colère du député est nourrie par l’injustice flagrante qui découle de cet épisode : d’autres personnalités impliquées dans les mêmes affaires, Mbourandjami, Oceni, Sied demeurent incarcérées. Où est la cohérence ? Où est le principe d’égalité devant la loi ? En libérant les Bongo dans le plus grand secret, l’État envoie un signal dangereux : l’impunité n’a pas été balayée par la Transition, elle a simplement changé de visage.

Dans une déclaration sans détour, Geoffroy Foumboula annonce une rupture de confiance avec le Président Brice Clotaire Oligui Nguema. Celui qu’il a soutenu par conviction républicaine lors de la Transition et de l’élection présidentielle, semble désormais, selon lui, s’écarter de l’engagement initial : celui de faire de la Cinquième République un espace de justice, de vérité et de cohérence. « Je ne suis pas un politicien, je suis un républicain », affirme-t-il, insistant sur son indépendance face aux jeux de pouvoir.

« Tous les Gabonais sont égaux. Ali Bongo Ondimba et sa famille ne sont pas plus Gabonais qu’un autre. » En rappelant cette évidence constitutionnelle, Geoffroy Foumboula appelle à un sursaut national. Le COPIL CITOYEN, dont il est membre actif, promet de se réunir pour tirer toutes les conséquences juridiques et politiques de cette affaire.

Une Cinquième République déjà fragilisée ?

À peine née, la Cinquième République gabonaise traverse une zone de turbulence éthique et institutionnelle. L’acte opaque de la libération des Bongo, loin d’apaiser les tensions, les ravive. Il soulève une question brûlante : peut-on reconstruire un pays sur les mêmes silences qui l’ont abîmé ? Geoffroy Foumboula, lui, a choisi son camp : celui de la République, et non des hommes.

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