La fin annoncée de la subvention sur la farine, un choc social en gestation ?

La perspective de la suppression de la subvention sur la farine à partir de 2026 fait planer une nouvelle inquiétude sur le panier de la ménagère gabonaise. Selon les projections de la loi de finances, l’État envisage de mettre fin à un soutien budgétaire estimé à près de 2 milliards de FCFA en 2025 pour cette denrée de base. Une décision lourde de conséquences, dans un contexte marqué par une inflation persistante et un pouvoir d’achat déjà fortement éprouvé.

Produit central de l’alimentation quotidienne, la farine est au cœur des habitudes de consommation des ménages, notamment les plus modestes. Pain, beignets, bouillies et autres préparations constituent souvent des solutions de subsistance face à la cherté croissante des autres aliments. La crainte d’une hausse des prix suscite incompréhension et colère, tant chaque variation, même marginale, se répercute immédiatement sur la vie quotidienne des familles.

Du côté des acteurs économiques, la fin de la subvention pourrait entraîner une augmentation des prix à la sortie des minoteries, avec un effet en cascade sur les boulangers et les petits commerçants. Déjà confrontés à la hausse des coûts de l’énergie et du transport, ces derniers redoutent une baisse de la demande ou une réduction des portions pour préserver leurs marges, au détriment du consommateur final.

Cette orientation budgétaire tranche avec les mesures sociales mises en œuvre depuis l’arrivée au pouvoir de Brice Clotaire Oligui Nguema en août 2023, notamment l’encadrement des prix de certaines denrées et la baisse du gaz butane. Certes, la farine continuera de bénéficier d’une TVA réduite à 5 %, mais cet allègement fiscal pourrait s’avérer insuffisant face à la pression globale sur le coût de la vie, dans un contexte où la pression fiscale devrait croître de près de 30 %.

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Si les autorités justifient la fin des subventions générales par la nécessité de rationaliser les dépenses publiques et de financer l’investissement, les analystes mettent en garde contre les risques sociaux. Sans mécanismes compensatoires ciblés et efficaces, ce sont les ménages les plus vulnérables qui supporteront l’essentiel de l’effort budgétaire. Au-delà des équilibres macroéconomiques, la question de la farine pose un défi politique majeur : celui de concilier rigueur financière et justice sociale, sans fragiliser davantage le quotidien des Gabonais.

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