La dégradation de la note Fitch relance le débat sur l’avenir économique du pays

La nouvelle dégradation de la note souveraine du Gabon par l’agence Fitch Ratings ravive les inquiétudes sur la situation économique du pays. Entre fragilités budgétaires, dépendance pétrolière et choix politiques liés à la Transition, le débat s’intensifie sur la voie à suivre : se conformer aux exigences des marchés internationaux ou affirmer une stratégie de développement plus autonome.

La note du Gabon a récemment été revue à la baisse par l’agence Fitch Ratings, ravivant les débats sur la santé économique du pays. La note en devises étrangères est descendue de CCC à CCC-, tandis que celle en monnaie locale est passée de CCC à CC, un niveau qui traduit une forte vulnérabilité financière. Cette évolution s’inscrit dans une série de dégradations observées depuis août 2023, période marquée par la Transition politique.

La notation souveraine est un outil utilisé par les agences internationales pour mesurer la capacité d’un État à honorer ses dettes. Les notes vont des meilleures, comme AAA, aux plus faibles, comme D, synonyme de défaut de paiement. Lorsque la note tombe à des niveaux comme CCC ou CC, cela signifie que le pays est considéré comme risqué par les investisseurs, ce qui complique l’accès aux financements extérieurs et renchérit le coût des emprunts.

Fitch justifie sa décision par plusieurs fragilités structurelles. L’agence pointe notamment un déficit budgétaire important, une dette publique en augmentation et une économie encore très dépendante du pétrole. Le projet de loi de finances 2026 n’a pas rassuré les marchés, car il laisse planer des doutes sur la capacité du pays à maîtriser ses finances à moyen terme.

Lire Aussi:  Lancement officiel du Plan national de Croissance et de Développement 2026-2030 à Libreville

Pour certains responsables politiques et experts, ces signaux doivent être pris au sérieux. Ils estiment qu’un accompagnement du Fonds monétaire international (FMI) pourrait aider le Gabon à renforcer la discipline budgétaire, améliorer la gestion des finances publiques et rétablir la confiance des investisseurs internationaux.

D’autres, en revanche, défendent une approche plus souverainiste. Ils jugent les agences de notation trop sévères et estiment que les efforts réalisés depuis la Transition sont sous-estimés. Selon eux, le Gabon respecte ses engagements financiers, poursuit ses investissements dans les infrastructures et cherche à construire un modèle de développement plus autonome. Entre rigueur financière et affirmation de souveraineté, le pays fait face à un choix décisif pour son avenir économique.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *