Jean Remy Yama appelle à une union nationale face à « un pouvoir sans contrepoids »

Au lendemain d’une élection présidentielle dont il dénonce la partialité et l’architecture institutionnelle verrouillée, Jean Remy Yama, figure incontournable de la société civile gabonaise, revient avec force dans le débat public. S’exprimant avec gravité et détermination, le leader du Parti national des travailleurs progressistes (PNTP) dénonce ce qu’il qualifie de « mascarade électorale », et lance un appel pressant à l’union des forces citoyennes et politiques pour rééquilibrer un pouvoir devenu, selon lui, hégémonique.

Dans sa déclaration, Jean Remy Yama commence par saluer la mémoire du footballeur Aaron Boupendza, avant de dresser un constat sans appel sur le scrutin du 12 avril 2025. L’exclusion de plusieurs candidatures, dont la sienne, combinée à une abstention qu’il juge largement sous-estimée, traduirait selon lui un rejet massif du système en place : « Tout avait été fait en amont, pour que les résultats proclamés ne soient qu’une formalité en aval. »

Plus préoccupant encore, la concentration des pouvoirs entre les mains du président de la République, légitimée par la nouvelle Constitution, alimente ses craintes. Il pointe notamment la mainmise présidentielle sur les institutions garantes de l’équilibre républicain, comme la Cour constitutionnelle — contrôlée à cinq membres sur neuf — et la Haute cour de justice. Pour lui, cette structure institutionnelle ne laisse plus aucun véritable contre-pouvoir en état de fonctionner.

Loin de s’en tenir à une dénonciation stérile, Jean Remy Yama inscrit son combat dans une stratégie à long terme. Il invite les citoyens à transformer leur frustration en engagement politique, en se mobilisant autour du PNTP, qu’il positionne comme un outil de veille démocratique et de contrôle citoyen de l’exécutif. « Les prochaines élections locales et parlementaires doivent être l’occasion de reprendre la main sur le destin national », affirme-t-il.

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En appelant à une mobilisation immédiate, il propose de faire du PNTP un socle de rassemblement politique, ouvert aux forces sociales, syndicales et partisanes désireuses de construire une alternative crédible et inclusive.

Une main tendue à toutes les forces du changement

Dans un appel qui se veut fédérateur, Jean Remy Yama insiste sur la nécessité de dépasser les clivages hérités des batailles passées, et invite ses compatriotes à tirer collectivement les leçons des erreurs commises : « Quelles que soient les positions qui ont été les nôtres avant l’élection, nous devons maintenant nous rassembler », martèle-t-il.

Son message est clair : l’avenir démocratique du Gabon ne pourra se construire que dans l’unité, la vigilance citoyenne et l’engagement durable. Face à un pouvoir qui concentre les leviers institutionnels, l’émergence d’un contre-pouvoir organisé et structuré devient, selon lui, une exigence démocratique et non un luxe d’opposant.

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