Jean Gaspard Ntoutoume Ayi : « L’honnêteté et la générosité doivent guider l’action politique »

Dans le cadre des élections législatives et locales de 2025 à venir, Le Gabonais a rencontré Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, candidat de l’Union Nationale aux législatives et tête de liste aux locales dans le 2ᵉ arrondissement de la commune d’Akanda. Au cours de cet entretien, il revient sur son parcours, ses valeurs, sa vision du paysage politique et ses priorités pour l’avenir.

 

Le Gabonais : Pouvez-vous nous raconter vos premiers pas en politique ?

Jean Gaspard Ntoutoume Ayi : Mon engagement politique a réellement débuté en 2009, lors de l’élection présidentielle anticipée. Mais en vérité, ma conscience politique est bien plus ancienne. Dès 1985, encore lycéen, je m’étais présenté aux élections de la coopérative de mon établissement. Bien que nous ayons gagné, le scrutin fut annulé par décision administrative, ce qui m’a fait comprendre qu’il existait un dysfonctionnement profond dans la vie publique de notre pays.

En 1988, étudiant à l’USTM, un autre épisode marquant a été l’arrestation injuste d’un camarade. Avec d’autres, nous avons mené une grève courageuse, qui s’est soldée par des répressions. Cet événement a confirmé ma conviction : il fallait, tôt ou tard, s’engager pleinement en politique pour changer les choses. J’ai attendu d’avoir 40 ans pour franchir ce pas, suivant le sage conseil de mon épouse. Et en 2009, je me suis lancé activement dans l’arène politique.

Le Gabonais : Quelles sont les valeurs qui guident vos choix politiques ?

Jean Gaspard Ntoutoume Ayi : Deux valeurs essentielles : l’honnêteté et la générosité. L’honnêteté, c’est le courage de dire « je ne sais pas » ou « je ne peux pas », plutôt que de tromper les électeurs par des promesses irréalistes. La générosité, c’est élargir le cercle de ses responsabilités au-delà de sa famille pour considérer tous les Gabonais comme également dignes d’attention et de respect. Mes enfants ne valent pas plus que ceux de mes compatriotes : c’est cette conception qui fonde mon engagement.

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Le Gabonais : Selon vous, qu’est-ce qui manque aujourd’hui dans le paysage politique gabonais ?

Jean Gaspard Ntoutoume Ayi : Notre pays a besoin d’une véritable autorité morale. Trop de responsables, en multipliant les compromis, ont fini par glisser vers la compromission et perdre la confiance des citoyens.

De plus, les lois doivent servir l’intérêt général, et non être conçues pour cibler ou protéger quelques individus. Une République solide repose sur des règles claires, équitables et partagées par tous.

Le Gabonais : Quel regard portez-vous sur la gouvernance actuelle ?

Jean Gaspard Ntoutoume Ayi : Le problème majeur reste le non-respect de la règle commune. Dans une démocratie, nul – pas même le chef de l’État – ne devrait être au-dessus de la loi.
Un exemple frappant : la modification récente du Code de la nationalité par ordonnance. Une décision prise à huis clos, sans débat national, alors même qu’il s’agit d’une question fondamentale touchant à l’identité de la nation. Une telle réforme exige un dialogue ouvert, car une loi, pour être légitime, doit être comprise et appropriée par le peuple.

Le Gabonais : Vous avez déjà été candidat en 2018 et en 2023. Pourquoi vous représenter en 2025 ?

Jean Gaspard Ntoutoume Ayi : Parce qu’aujourd’hui, les conditions sont différentes. En 2018 et 2023, les élections n’étaient ni libres ni équitables : nos affiches étaient interdites dans certains lieux, nos réunions limitées. Aujourd’hui, les campagnes se déroulent avec plus de liberté, et c’est une avancée que nous devons saisir.

Je n’ai pas changé de discours depuis 2018 : mes convictions sont constantes. Mon visage a peut-être pris quelques cheveux gris, mais ma parole reste la même. Pour moi, la constance est une valeur en politique.

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Le Gabonais : Quels projets de loi défendrez-vous en priorité si vous êtes élu ?

Jean Gaspard Ntoutoume Ayi : Deux réformes me tiennent particulièrement à cœur. D’abord, la liberté économique de la presse. Les médias sont essentiels à la démocratie, mais peinent à survivre. Je propose que les entreprises consacrent une partie de leurs dépenses de communication à plusieurs médias, afin de garantir leur pluralité et leur indépendance.
Ensuite, la réforme des nominations aux emplois supérieurs de l’État. Les postes stratégiques doivent être attribués sur appel à candidature transparent et validés par le Parlement. Cela mettra fin au favoritisme et renforcera la compétence dans l’administration.

Le Gabonais : Quel message adressez-vous aux jeunes qui veulent s’engager en politique ?

Jean Gaspard Ntoutoume Ayi : Je les encourage vivement, mais je leur conseille de commencer localement, au sein des conseils municipaux et départementaux. La politique ne doit pas être vue comme un premier emploi ni comme une solution au chômage. Un mandat doit être l’aboutissement d’un parcours fait d’études solides et d’expérience professionnelle, afin d’apporter une véritable valeur ajoutée à la collectivité.

Le Gabonais : Quel message souhaitez-vous transmettre aux populations d’Akanda et du Gabon ?

Jean Gaspard Ntoutoume Ayi : Je leur dis que l’heure est à l’honnêteté et à la constance. On peut tromper un peuple pendant un temps, mais jamais indéfiniment. En 2025, les Gabonais jugeront chacun d’entre nous sur la sincérité de ses engagements et la fidélité à sa parole.

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