Le café politique organisé le 25 août dernier à Akanda par Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, figure de l’Union Nationale, a été l’occasion d’un discours engagé où le candidat a dénoncé l’oubli institutionnel dont souffre cette commune en pleine expansion. Âgé de 57 ans et installé à Akanda depuis plus d’une décennie, l’opposant a rappelé que son engagement politique, né en 2009 après le décès d’Omar Bongo, est aujourd’hui nourri par une conviction simple : donner à Akanda la place qui lui revient dans la vie nationale.
Akanda fait partie des six plus grandes communes du Gabon, avec une population plus importante que celle de Lambaréné. Dans ce contexte, il estime qu’un député d’Akanda doit porter haut et fort les préoccupations locales : « Depuis plus de dix ans que je vis ici, je n’ai jamais entendu le mot Akanda à l’Assemblée nationale », a-t-il martelé devant ses partisans. « Akanda existe ! Akanda a besoin de ceci, Akanda a besoin de cela ! » a-t-il insisté, dénonçant notamment les conditions de vie d’enfants contraints de parcourir près de sept kilomètres pour se rendre à l’école.

Dans un ton critique, mais mesuré, Ntoutoume Ayi a également dénoncé la récupération politique des symboles locaux. Hier marquée par les slogans « Ici, c’est Ali », et demain, craint-il, « Ici, c’est Oligui », Akanda ne doit pas se réduire à une pancarte électorale au service des régimes successifs. Son ambition, a-t-il expliqué, est de faire du Centre international des civilisations bantoues (CICIBA) un tremplin d’avenir : « Mon objectif n’est pas d’imposer un nom sur vos murs, mais que l’enfant du CICIBA devienne demain ce que je suis devant vous aujourd’hui », a-t-il lancé.
Le candidat a replacé son discours dans le contexte national, rappelant que les législatives ne sont pas une simple formalité mais une étape cruciale pour contrôler l’action gouvernementale et orienter la mise en œuvre du programme présidentiel. « Le 12 avril, les Gabonais ont élu un président, mais aussi un chef de gouvernement pour sept ans. Les législatives servent à voter les lois, à contrôler le gouvernement et à dire parmi les 100 propositions présidentielles lesquelles sont bonnes et lesquelles ne le sont pas », a-t-il expliqué.

Jean Gaspard Ntoutoume Ayi a tenu à rappeler que la politique ne peut se réduire à une course aux titres ou aux honneurs, mais doit être avant tout une responsabilité. Selon lui, les élus locaux, maires, adjoints et conseillers municipaux sortants doivent rendre des comptes aux citoyens. « Le vrai compte à rendre, ce n’est pas d’avoir payé un cercueil, mais d’avoir travaillé pour l’intérêt général », a-t-il affirmé, dans une critique claire du clientélisme et de la gestion personnalisée des mandats.
En appelant les habitants d’Akanda à se mobiliser pour que leur commune ne reste plus reléguée au second plan, le dirigeant de l’Union Nationale a voulu poser un jalon : transformer la frustration collective en énergie citoyenne. Pour lui, la bataille d’Akanda dépasse le simple enjeu local ; elle symbolise la nécessité pour le Gabon de renouveler sa classe politique et de placer l’intérêt général au centre de l’action publique.