Le lundi 19 mai 2025, la Cour internationale de Justice (CIJ) rendra enfin son verdict dans le différend opposant le Gabon et la Guinée équatoriale sur la souveraineté de l’île Mbanié, ainsi que de deux autres îlots, Conga et Cocotiers. Cette décision tant attendue pourrait clore un litige vieux de plusieurs décennies, ayant pour enjeu des frontières terrestres et maritimes disputées.
Située dans la baie de Corisco, au large des côtes des deux pays, l’île Mbanié cristallise depuis longtemps les tensions entre Libreville et Malabo. Ce différend remonte à l’époque coloniale, lorsque les frontières entre les possessions françaises (Gabon) et espagnoles (Guinée équatoriale) étaient floues. Après les indépendances du Gabon en 1960 et de la Guinée équatoriale en 1968, les ambiguïtés frontalières n’ont jamais été totalement levées.
Les deux États ont longtemps tenté de régler ce conflit par la voie diplomatique. En 2003, ils ont signé un accord de non-agression, s’engageant à ne pas militariser la zone concernée. Mais face à l’échec des négociations bilatérales, un compromis a été signé en 2016 pour soumettre le différend à la Cour internationale de Justice, une procédure officiellement entamée en 2021.

Durant les audiences publiques qui se sont tenues du 30 septembre au 4 octobre 2024 à La Haye, chaque partie a défendu ses arguments devant la CIJ. Le Gabon a notamment invoqué les principes de l’uti possidetis juris, soutenant que les frontières héritées de la colonisation devaient être maintenues. La Guinée équatoriale, de son côté, a fait valoir des droits historiques et des pratiques de souveraineté continue sur ces îlots.
L’enjeu de ce conflit va bien au-delà des îlots eux-mêmes. Ces territoires, situés dans une zone potentiellement riche en ressources halieutiques et en hydrocarbures, représentent un intérêt stratégique pour les deux pays. De plus, la stabilité régionale pourrait être mise à l’épreuve selon la décision rendue.
Le verdict de la CIJ, attendu ce 19 mai 2025 à 15 heures au Palais de la Paix de La Haye, sera déterminant. En cas de reconnaissance de la souveraineté du Gabon ou de la Guinée équatoriale sur l’île Mbanié, les relations bilatérales pourraient connaître un nouvel élan ou s’envenimer davantage.
Quel que soit l’issue, cette décision de la CIJ constituera un précédent important pour la résolution pacifique des différends frontaliers en Afrique. Les regards sont désormais tournés vers La Haye, où l’épilogue de cette longue saga diplomatique sera enfin connu.