Depuis plusieurs mois, une forte grippe secoue le Gabon, clouant au lit des centaines de familles et alimentant un vif débat sur sa véritable nature. Entre les alertes du Dr Wenceslas Yaba, coordinateur général du Samu Social Gabonais, et les déclarations rassurantes du ministère de la Santé, les versions divergent. Au point que l’opinion s’interroge : qui dit vrai ?
Le Dr Wenceslas Yaba ne mâche pas ses mots. Pour lui, la grippe sévère qui frappe le pays ne serait autre qu’une nouvelle forme de COVID-19, qu’il qualifie de “COVID Frankenstein”. Dans une récente déclaration, il explique : « Cette fameuse grippe qui a vécu trois semaines… c’est la COVID. Une variante dénommé COVID Frankenstein, qui n’est pas aussi létal que les autres, mais qui est tout à fait dangereux »
Pour le Samu Social, les chiffres observés dans leurs structures et sur le terrain témoignent d’une circulation active du virus. D’où leur appel à renforcer les gestes barrières et à consulter dès les premiers symptômes.
Le ministère de la Santé calme le jeu
Face à l’inquiétude grandissante et aux nombreuses spéculations circulant sur les réseaux sociaux, le ministère de la Santé a publié un communiqué officiel pour “rassurer” la population. Selon les autorités, il n’y a pas lieu de parler d’un nouveau variant inquiétant. La situation serait sous contrôle. Le ministère s’appuie sur des données recueillies entre janvier et novembre 2025 : 45 594 cas suspects de grippe enregistrés ; Sur un échantillon de 401 tests : 45 cas positifs au virus Influenza (grippe saisonnière) ; 17 cas positifs au SARS-CoV-2 (COVID-19).
Pour les autorités sanitaires, le COVID-19 a désormais un caractère endémique au Gabon et ne constitue pas une urgence de santé publique. Elles reconnaissent cependant la forte contagiosité de la grippe et recommandent aux malades de porter le masque, se laver régulièrement les mains et adopter les gestes de prévention habituels.
Entre inquiétude, communication et perception publique
Cette divergence de communication crée un flou qui laisse perplexe une partie de la population. D’un côté, un acteur sanitaire de terrain, habitué aux situations d’urgence, décrit une circulation virale intense. De l’autre, un ministère qui demande de ne pas céder à la panique et affirme que les indicateurs sont maîtrisés. Si les deux discours se rejoignent sur la nécessité de respecter les mesures de prévention, ils s’opposent sur la nature exacte de la maladie et son niveau de gravité.
Dans un contexte post-pandémie où la moindre rumeur sur le COVID ravive les traumatismes collectifs, la communication publique joue un rôle crucial. Pour éviter la confusion, l’opinion attend désormais une harmonisation des messages entre acteurs sanitaires, basée sur des données transparentes et partagées. En attendant, les conseils restent les mêmes : se protéger, consulter en cas de symptômes persistants… et rester attentif aux prochains éléments que les autorités et le Samu Social apporteront pour éclairer cette situation encore floue.