À quelques heures de l’arrivée d’Emmanuel Macron à Libreville, ce dimanche 23 novembre 2025, une vive polémique enflamme les réseaux sociaux gabonais. En cause, une note appelant la jeunesse à se rendre massivement à l’aéroport pour accueillir le président français lors de sa première visite d’État depuis l’accession au pouvoir de Brice Clotaire Oligui Nguema.
Cette invitation, relayée en ligne, a été très mal accueillie par une grande partie de la population. Pour de nombreux Gabonais, ce type de mobilisation forcée rappelle des pratiques d’un autre temps, perçues comme paternalistes, colonialistes et, selon certains, »Kounabélistes », en référence à ces attitudes de soumission jugées indignes d’un pays souverain.
Plusieurs voix s’élèvent ainsi pour dénoncer des comportements “dérisoires” qui, selon elles, ne font que ternir l’image d’une nation qui aspire à tourner la page des vieilles dépendances. Certains sur les réseaux sociaux sont mêmes allés jusqu’à dire ‹‹ qu’ils invitent dans ce cas, la jeunesse française présente au Gabon pour accueillir leur président ››.
Cependant, cette visite du chef de l’État français revêt pourtant un caractère hautement symbolique. Elle intervient deux ans après les événements du 30 août 2023, qui avaient mis fin à plus d’un demi-siècle de règne de la famille Bongo. Selon l’Élysée, Emmanuel Macron entend « saluer le parachèvement de la Transition » et « soutenir » les nouvelles autorités.
Le Gabon, engagé dans une refondation institutionnelle depuis la chute d’Ali Bongo Ondimba, a organisé en avril dernier un scrutin jugé globalement crédible par les observateurs internationaux. L’élection de Brice Clotaire Oligui Nguema, auparavant à la tête de la Transition, a été analysée comme un signe fort de normalisation politique.
À Libreville, Emmanuel Macron doit rencontrer son homologue gabonais afin de consolider une relation bilatérale que Paris décrit comme « excellente, renouvelée et tournée vers l’avenir ». Mais alors que les autorités affichent l’image d’un partenariat moderne, une partie de l’opinion estime que certaines habitudes diplomatiques doivent évoluer.