Gabon : la fin des subventions pétrolières, quels impacts sociaux et économiques ?

Le gouvernement gabonais a annoncé la suppression, à compter de janvier 2026, des subventions accordées aux produits pétroliers. Une décision présentée comme nécessaire pour assainir les finances publiques, mais qui suscite déjà de vifs débats tant ses répercussions s’annoncent multiples.

Selon les chiffres avancés par le ministère du Pétrole et du Gaz, l’État gabonais dépense chaque année près de 100 milliards de francs CFA pour maintenir artificiellement les prix des carburants à la pompe. La fin de cette subvention devrait libérer des ressources budgétaires importantes, permettant de financer des programmes prioritaires, notamment dans l’éducation, la santé et les infrastructures.

Les institutions financières internationales, telles que la Banque mondiale, encouragent cette réforme, considérant que les subventions profitent davantage aux ménages les plus aisés, gros consommateurs d’énergie, qu’aux populations vulnérables.

Une pression inévitable sur le coût de la vie

Sur le plan social, l’impact sera immédiat. La hausse attendue des prix du carburant se répercutera sur l’ensemble de l’économie nationale. Les transports publics et privés verront leurs tarifs augmenter, entraînant mécaniquement une hausse du prix des denrées alimentaires et des biens de consommation courante.

Dans un pays où une large partie de la population vit déjà dans la précarité, cette mesure risque d’aggraver les inégalités sociales et d’accentuer le malaise dans les quartiers populaires. Les syndicats et associations de consommateurs redoutent une inflation difficile à contenir.

Des ajustements nécessaires pour limiter la casse

Conscient de ces enjeux, le gouvernement a promis d’accompagner cette réforme par des mécanismes d’atténuation. Des discussions sont en cours avec les opérateurs pétroliers afin de stabiliser autant que possible les prix à la pompe. Par ailleurs, l’initiative de « gabonisation » du secteur, qui réservera désormais les emplois dans les stations-service et le transport des produits pétroliers aux nationaux, devrait générer environ 900 emplois pour les jeunes Gabonais. Reste à savoir si ces mesures compensatoires suffiront à apaiser la grogne sociale, dans un contexte marqué par une forte attente des populations envers le pouvoir de la Ve République.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *