Gabon-France : une nouvelle dynamique pour l’enseignement supérieur et la recherche

Le ministre gabonais de l’Enseignement supérieur, le Pr Charles Edgar Mombo, et l’ambassadeur de France, Fabrice Mauriès, se sont entretenus ce lundi 3 février à Libreville lors d’une séance de travail stratégique consacrée à l’avenir de la coopération universitaire entre les deux pays. Bien au-delà d’un échange protocolaire, cette rencontre marque une volonté claire de refonder les mécanismes existants afin de les adapter aux exigences contemporaines de formation, de recherche et d’innovation. Pour les autorités gabonaises, il s’agit désormais de transformer des accords historiques en leviers concrets de développement, au service direct de la jeunesse et du système universitaire national.

Cette initiative intervient dans un contexte particulier : celui d’universités publiques confrontées à de profondes contraintes structurelles (surpopulation des amphithéâtres, insuffisance d’équipements, déficit de recherche appliquée, etc.), mais engagées dans un vaste chantier de modernisation. Le nouveau ministre entend repositionner l’université gabonaise comme un pôle de savoir crédible dans l’espace francophone, capable de retenir davantage d’étudiants sur le territoire national tout en attirant des partenariats internationaux de qualité. L’ambition affichée est claire : freiner l’exode académique, renforcer l’offre locale de formation et bâtir des établissements compétitifs, ouverts sur le monde mais solidement ancrés dans les priorités du pays.


Parmi les axes majeurs abordés figure la mobilité étudiante. L’objectif n’est plus de favoriser des départs massifs vers l’étranger, mais de structurer des parcours ciblés, utiles et stratégiques. Ces échanges devront former une nouvelle génération de cadres hautement qualifiés, appelés à revenir contribuer à la transformation du Gabon, tout en permettant aux universités nationales d’intégrer progressivement les standards internationaux. La coopération avec la France est ainsi envisagée comme un outil de montée en compétence du système local, et non comme une alternative durable à celui-ci.

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La recherche scientifique, pilier central de cette redynamisation, a également occupé une place importante dans les discussions, notamment autour du Centre international de recherches médicales de Franceville (CIRMF). Véritable fleuron continental en matière de recherche biomédicale, le CIRMF illustre le potentiel d’une coopération réussie. Libreville et Paris souhaitent désormais amplifier cette dynamique, en renforçant l’innovation, la santé publique et la production scientifique, afin de positionner le Gabon comme un acteur reconnu de la recherche africaine et francophone.

Sur le plan politique, le Pr Charles Edgar Mombo a réaffirmé les liens historiques entre Libreville et Paris, tout en insistant sur la nécessité d’une « redynamisation » du partenariat. Derrière ce terme, se dessine une approche plus équilibrée et pragmatique, fondée sur des retombées tangibles pour les institutions gabonaises. Le ministre veut impulser une gouvernance universitaire rénovée, valoriser la recherche locale et encourager la professionnalisation des formations, dans une logique de refondation globale de l’enseignement supérieur.

Cette rencontre inaugure ainsi une phase plus ambitieuse pour le système universitaire gabonais. En misant sur une coopération modernisée, une université publique renforcée et une vision stratégique de la formation, le Gabon entend faire de son enseignement supérieur un moteur de développement, un espace d’excellence francophone et un véritable rempart contre la fuite des talents.

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