Dans un contexte marqué par la volonté affirmée de renforcer la souveraineté alimentaire et de relancer l’économie post-crise, la ministre de la Planification et de la Prospective, Louise Pierrette Mvono, a reçu ce 18 juin une délégation de haut niveau de la Banque africaine de développement (BAD). Conduite par Vincent Castel, responsable agriculture pour l’Afrique centrale, l’Afrique du Nord et le Nigeria, cette rencontre s’inscrit dans une dynamique stratégique de redéfinition des priorités agricoles du Gabon.
L’audience a permis un point d’étape sur les interventions agricoles en cours, tout en mettant en évidence des obstacles persistants à leur efficacité. Si certains résultats sont déjà visibles, les échanges ont porté sur les ajustements nécessaires pour mieux adapter les projets aux réalités du terrain. La BAD et le ministère ont ainsi convenu de renforcer l’efficacité opérationnelle des programmes existants, en misant sur la décentralisation et la prise en compte des spécificités agroécologiques régionales.
La ministre Mvono et ses interlocuteurs ont également exploré de nouvelles pistes de collaboration, allant de la transformation des filières stratégiques à l’intégration des jeunes et des femmes dans les chaînes de valeur agricoles. Une orientation clairement alignée avec la vision présidentielle de modernisation et de sécurisation des approvisionnements nationaux, dans un contexte international marqué par l’instabilité logistique.
La sécurité alimentaire, devenue un axe prioritaire, a occupé une place centrale dans les échanges. Face aux défis posés par les perturbations mondiales, le Gabon souhaite accroître sa résilience en augmentant sa production domestique. La BAD s’est dite prête à accompagner cette ambition, en mobilisant à la fois financements innovants et expertise technique, afin d’assurer un développement agricole inclusif et durable.
Au-delà du financement, l’enjeu est désormais d’aligner la stratégie agricole avec les besoins réels du pays, dans un esprit de rigueur, d’adaptabilité et de résultats concrets. La BAD s’est engagée à soutenir cette transition, notamment en accompagnant l’émergence de pôles de compétitivité régionaux et en facilitant l’accès aux ressources pour les acteurs locaux du secteur.
Cette rencontre, à la fois technique et politique, marque une étape décisive dans la relance du secteur agricole gabonais. En plaçant l’action au cœur des discussions et en misant sur une gouvernance partagée des projets, le partenariat Gabon-BAD entend créer un modèle agricole résilient, au service de l’autonomie alimentaire et de la croissance inclusive. Un signal fort dans une Afrique où nourrir sa population devient aussi stratégique que produire son énergie.