Le Gabon tourne une nouvelle page de son histoire politique. Conformément à la décision rendue par la Cour constitutionnelle le 25 avril 2025 dernier, validant les résultats officiels et définitifs de l’élection présidentielle du 12 avril, le Premier ministre Raymond Ndong Sima a remis sa démission ainsi que celle de son gouvernement au Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema ce dimanche 4 mai, au lendemain de la prestation de serment.
Cette décision marque la clôture officielle de la période de Transition entamée à la suite du renversement du régime précédent en août 2023. À travers un message empreint de sobriété et de respect institutionnel, Raymond Ndong Sima a salué « l’honneur » qui lui a été fait de diriger le gouvernement durant cette phase exceptionnelle de la vie nationale.
« En application des dispositions de l’article 172 de la nouvelle Constitution, j’ai remis, ce matin, ma démission et celle de mon Gouvernement au Président de la République », a déclaré le Premier Ministre sortant, tout en adressant ses vœux « chaleureux de réussite » à Brice Clotaire Oligui Nguema pour le septennat à venir.
De son côté, la Présidence de la République a salué la stature d’« un homme d’expérience et de devoir », rendant hommage à la « contribution essentielle » de Ndong Sima au succès de la Transition. Dans un communiqué officiel, le Chef de l’État a exprimé sa reconnaissance pour « l’engagement, la loyauté et le sens de l’État » dont a fait preuve l’ancien Premier ministre tout au long de son mandat.

L’élégance réciproque de ces échanges institutionnels reflète la volonté des autorités gabonaises d’assurer une continuité républicaine apaisée, dans un contexte où les défis demeurent nombreux. Le retour à l’ordre constitutionnel, formalisé par l’entrée en vigueur de la Loi fondamentale du 19 décembre 2024 et l’élection d’un Président au suffrage universel, ouvre une nouvelle séquence politique que les Gabonais attendent avec espoir.
Le départ de Raymond Ndong Sima clôt une étape charnière. Son passage à la tête du gouvernement de Transition aura été marqué par des réformes sensibles, une refonte constitutionnelle majeure, et une gestion sous tension, mais déterminée des attentes populaires.
Reste désormais à connaître le nom du prochain chef de gouvernement, et surtout, la composition d’une nouvelle équipe appelée à concrétiser les promesses du renouveau. Le pays entre dans l’ère de la légitimité électorale retrouvée, avec l’histoire comme juge, et le peuple comme repère.