Réuni en urgence le mardi 5 août 2025, le Comité exécutif de la Fédération gabonaise de football (FEGAFOOT) a pris une décision lourde de conséquences : suspendre à titre conservatoire Paul Lambert Nguema Ebang Toung, ancien secrétaire général de l’Union Sportive de Bitam (USB), de toute activité liée au football. Cette mesure vise à écarter l’intéressé le temps de faire la lumière sur de graves accusations portées contre lui.
Selon un rapport de mission de la Direction de la protection de l’enfance, transmis à la FEGAFOOT, l’ancien dirigeant est soupçonné d’abus sexuels sur de jeunes joueurs. Face à la gravité des faits allégués, la fédération a immédiatement saisi sa Commission de discipline pour l’ouverture d’une enquête approfondie. L’instance affirme vouloir protéger l’intégrité des jeunes et garantir un environnement sportif sain, à l’abri de toute forme de violence ou d’exploitation.
Le journaliste d’investigation Romain Molina, qui a mené plusieurs enquêtes sur les abus sexuels dans le sport, notamment au Gabon, a rapidement réagi à cette suspension. Il a rappelé que “Lumière”, surnom attribué à Paul Lambert Nguema Ebang Toung, figurait déjà parmi les noms qu’il avait publiquement dénoncés, soulignant ainsi que ce dossier n’est pas une découverte pour certains observateurs avertis.
Cette affaire ravive de vives inquiétudes sur l’ampleur des abus dans le milieu sportif gabonais. Elle met en lumière le silence qui a pu régner autour de tels actes, les failles dans les mécanismes de signalement et les insuffisances dans le contrôle exercé par les clubs et la FEGAFOOT. Les jeunes joueurs, souvent mineurs, se retrouvent particulièrement vulnérables face à l’autorité de leurs encadrants, dans un contexte où la dépendance sportive et sociale joue un rôle déterminant.
Au-delà de la seule procédure disciplinaire engagée par la FEGAFOOT, une éventuelle action judiciaire pourrait être ouverte pour déterminer les responsabilités pénales. L’évolution de ce dossier sera suivie de près par les acteurs du football, les autorités judiciaires et les organisations de défense des droits de l’enfant, conscientes que la lutte contre les abus exige transparence et fermeté.
Dans un contexte international où les scandales d’abus sexuels dans le sport continuent d’éclater, le cas de Paul Lambert Nguema Ebang Toung rappelle l’urgence pour les instances sportives gabonaises de renforcer leurs dispositifs de prévention, de contrôle et de sanction. Protéger les jeunes athlètes n’est pas seulement une exigence morale : c’est une responsabilité légale et un impératif pour l’avenir du sport national.