Évaluation de mi-parcours, le gouvernement sous la loupe de la performance

Après une phase de mise en place, le gouvernement gabonais amorce un virage décisif vers la redevabilité. Le 4 février, le vice-président Hermann Immongault a soumis au chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, un audit complet de l’avancement des feuilles de route ministérielles.

Cette procédure, rare dans la pratique administrative locale, marque une volonté claire de passer des promesses politiques à des réalisations mesurables, en s’appuyant sur un rapport de synthèse qui évalue rigoureusement le travail accompli durant ces cent premiers jours.

Dès leur nomination, les membres du gouvernement ont eu pour consigne de traduire les directives présidentielles issues du projet « Bâtissons l’édifice nouveau » en objectifs opérationnels concrets, accompagnés d’indicateurs de performance. Cette méthode impose une gestion axée sur les résultats, avec une exigence inédite de transparence où chaque département doit non seulement documenter ses succès, mais aussi justifier ouvertement les obstacles et les retards rencontrés.

Cette structuration de l’action publique marque une rupture avec les méthodes passées, souvent caractérisées par l’improvisation face aux urgences. L’adoption d’une planification stratégique rigoureuse vise à rétablir la confiance envers l’administration, tant au niveau national qu’international. Dans le secteur crucial de l’éducation, cette méthode a mis en lumière les fragilités systémiques, le vice-président soulignant la nécessité de concilier les protocoles d’accord syndicaux avec une réalité de terrain où la continuité du service public reste menacée.

Enfin, l’exécutif s’engage à soumettre ces résultats au jugement direct de la population, promettant une publication prochaine des feuilles de route pour ancrer la transparence dans le débat démocratique. Cette démarche oblige les décideurs à assumer publiquement l’écart éventuel entre leurs ambitions affichées et les impacts réels sur le quotidien des Gabonais. Comme l’a déclaré Hermann Immongault : « Nous ne pouvons atteindre les résultats escomptés si l’administration n’est pas au complet », soulignant que la réussite de la transition se mesurera in fine à l’amélioration concrète des conditions de vie.

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