Le projet “Taxi Gab+”, mis en place pour réserver exclusivement l’activité de taxi aux Gabonais, part sans doute d’une bonne intention : celle de garantir des emplois aux nationaux dans un secteur accessible. Toutefois, cette stratégie de fermeture totale à la concurrence étrangère peut soulever plusieurs interrogations.
Il ne s’agit pas de chasser les étrangers, mais de reconnaître que certains d’entre eux, en situation régulière, travaillent dans ce secteur depuis des années avec sérieux et professionnalisme. Les exclure simplement parce qu’ils ne sont pas Gabonais serait non seulement injuste, mais aussi contre-productif.
En réalité, ce qu’il faut viser, c’est une ouverture encadrée : permettre à tout travailleur en règle, Gabonais ou étranger, de participer à l’activité, à condition de respecter les normes légales. Cette approche garantirait une concurrence saine, bénéfique pour les usagers comme pour les conducteurs.
Car sans concurrence, pas de motivation à faire mieux. Quand une activité est exclusivement réservée à un groupe, le risque est grand de voir apparaître la paresse, le laisser-aller et une baisse de qualité du service. Si les Gabonais savent que d’autres peuvent aussi faire ce métier à condition d’être en règle, ils seront poussés à travailler plus dur, à s’organiser, à se former et à mieux servir la population.
Il ne s’agit pas de diviser, mais de responsabiliser. Le véritable enjeu n’est pas la nationalité du conducteur, mais son respect des règles, sa motivation et sa qualité de service. C’est comme ça que l’on bâtit une économie forte, juste et compétitive.