Depuis plus d’une semaine, les portes de l’Institut supérieur de technologie (IST) sont closes. Une fermeture brutale, motivée par plus de 20 mois d’arriérés de loyers impayés, qui plonge étudiants, enseignants et personnel administratif dans une détresse croissante. Pourtant, du côté des autorités et en premier lieu du ministre de l’Enseignement supérieur par intérim, Dr Simplice Désiré Mamboula c’est le silence radio. Un silence assourdissant, presque indécent, au regard de l’ampleur de la situation.
À Bikélé, dans le 3ᵉ arrondissement de Ntoum, l’accès au site a été purement et simplement bloqué par le propriétaire, Pierre Epiemendet Oguelet. Lassé d’attendre des engagements non tenus, il a fermé les locaux le 20 novembre 2025. L’État lui doit près de 195 millions de FCFA et n’a toujours pas honoré les 109 millions de FCFA d’avance pourtant prévus dans la convention signée le 25 mars 2025. Une convention qui garantissait l’accueil des étudiants pour trois ans. Rien n’a été versé. Pas un franc.
Cette inertie n’est pas seulement financière. Elle est politique, structurelle, presque culturelle. Au Gabon, les crises semblent toujours attendre la dernière étincelle pour exploser, et les autorités la dernière minute pour simuler une réaction. L’affaire de l’IST n’échappe pas à ce schéma : tout était prévisible, évitable, anticipable. Mais rien n’a été fait.
Pire encore, des sources relayées par L’Union évoquent l’exigence informelle d’une « contrepartie » de 10 % au sein de l’administration des Finances pour débloquer les fonds. Une information non confirmée, mais suffisamment grave pour interroger sur l’état réel de la gouvernance publique. Pendant ce temps, les étudiants perdent des semaines précieuses, les enseignants restent dans l’incertitude, et l’avenir de l’établissement est suspendu à des tractations opaques.
Face à cette crise, l’absence totale de communication officielle du ministère de l’Enseignement supérieur choque. Ni explication, ni plan d’urgence, ni même un mot pour les étudiants abandonnés sur le bord de la route. Un mutisme qui traduit une réalité inquiétante : l’enseignement supérieur gabonais semble naviguer sans capitaine, et les crises, elles, avancent sans frein.
La fermeture de l’IST n’est pas un simple incident administratif. C’est le miroir d’un système qui s’effondre à force de laisser-faire. Et tant que les autorités continueront d’attendre le dernier moment pour agir, le pays continuera de payer le prix de cette procrastination institutionnelle.