ENA : une rentrée prévue pour le 22 avril, pendant que les recalés dénoncent une injustice toujours ignorée

L’École Nationale d’Administration (ENA) du Gabon a annoncé la reprise de ses cours pour le 22 avril 2025 prochain. Une rentrée très attendue par les candidats admis, symbolisant un nouveau départ pour l’institution. Pourtant, cette annonce ravive les tensions pour une autre partie de la jeunesse : les recalés, toujours mobilisés, dénoncent une injustice qu’ils jugent « flagrante » et continuent de réclamer la transparence sur le concours d’entrée de la session d’août 2024.

« Le malheur des uns fait le bonheur des autres », dit l’adage. Le vendredi 4 avril dernier, les recalés regroupés au sein de la plateforme Tous contre la fraude à l’ENA ont de nouveau exprimé leur colère. Depuis plusieurs mois, ces jeunes campent jour et nuit devant l’Assemblée nationale pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme une mascarade institutionnelle : « Nous, recalés du concours de l’ENA session août 2024, avons convié la presse ce jour pour exprimer nos vives inquiétudes face à l’absence totale de dialogue et à la rigidité avec laquelle notre dossier de contestation est traité depuis près de sept mois », ont-ils déclaré dans un point de presse improvisé.

Organisé par le ministère de la Fonction publique et du Renforcement des capacités, le concours avait vu ses résultats publiés sur la page Facebook officielle du ministère. Mais rapidement, des accusations de fraude ont émergé. Plusieurs candidats recalés ont alors engagé une contestation formelle, qui a donné lieu à une unique audience avec la Direction générale des services spéciaux. Depuis, silence radio.

« Cela fait plus d’un mois que nous avons été reçus par la Direction des services spéciaux, et depuis, plus rien », confie l’un des porte-parole du mouvement. « Nous dormons à même le sol devant l’Assemblée nationale, dans l’indifférence totale des institutions », conclue le même.

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Leur détermination ne faiblit pas. Les recalés exigent la transparence, l’équité, et surtout la reconnaissance d’une souffrance devenue collective. Pour eux, il ne s’agit pas d’un simple concours raté, mais d’un système à réformer.

« Nous ne demandons pas la charité, nous demandons la justice. Une justice qui, jusqu’ici, reste sourde à notre détresse », concluent-ils.

Alors que l’ENA se prépare à accueillir une nouvelle promotion, une question demeure : l’État gabonais choisira-t-il de tourner la page ou d’écouter enfin ces voix qui réclament la vérité ?

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