Élections 2025 : ces jeunes qui bravent l’avenir politique du Gabon

À l’approche des élections législatives et locales prévues pour septembre prochain, une nouvelle génération de Gabonais ose franchir le pas de l’engagement politique. Dans un paysage longtemps verrouillé par des figures établies et façonné par des logiques héritées du système, ces jeunes candidats se présentent comme les porteurs d’un nouveau souffle. Convaincus que le temps du renouveau est venu, ils ambitionnent d’incarner l’avenir et de redéfinir les codes de la vie publique.

Issus de divers milieux (académique, associatif, entrepreneurial ou citoyen) ces figures émergentes partagent une même détermination : offrir une alternative crédible à un électorat en quête de transparence et d’efficacité. Leur démarche traduit une volonté d’en finir avec le fatalisme, mais surtout d’assumer pleinement leur rôle dans la construction nationale. En se lançant dans l’arène, ils brisent les barrières de l’attentisme et rappellent que la jeunesse, qui constitue plus de 60 % de la population, ne peut rester spectatrice.

L’écrivain Peter Stephen Assaghle, témoin engagé de ce frémissement politique, ne cache pas son optimisme : « Quand je vois la pugnacité de Haresse Kengue, la rectitude morale de Joyce Laffite, le dévouement de Daniel Akoma, la rigueur intellectuelle de Pharel Boukika Mouketou, la bravoure de mon grand frère Michel Nathaniel Ngomo Ndong, l’engagement ferme et pur de Rodrigue Minko et les rêves vert, jaune, bleu de tous les autres que j’oublie ici, tous candidats aux élections prochaines, je me dis que le Gabon de demain sera nécessairement meilleur. » Ces propos traduisent une conviction : la relève politique n’est plus un espoir abstrait, elle prend désormais visage.

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Pour les observateurs attentifs, cette émergence témoigne d’une transformation lente, mais réelle. À travers leur discours, leurs pratiques et leur proximité avec les réalités locales, ces jeunes veulent incarner une nouvelle culture politique fondée sur la justice sociale, la rigueur et la participation citoyenne. Des figures comme le jeune député Lionel Ella Engonga illustrent déjà ce changement à fort impact dans les décisions gouvernementales, prouvant qu’il est possible de bousculer l’ordre établi sans renoncer aux principes de loyauté républicaine et de responsabilité publique.

Mais cette effervescence n’est pas exempte de défis. Dans un environnement politique dominé par des adultes rompus aux calculs d’appareil et aux stratégies d’influence, certains de ces jeunes candidats sont encore perçus comme de simples « amuseurs publics », manquant de maturité psychologique, d’esprit critique ou de cohérence idéologique. Cette perception, parfois entretenue par leurs propres comportements (excès sur les réseaux sociaux, culte de la visibilité immédiate, absence de discours structuré) nourrit le mépris de certains aînés, qui les considèrent comme des distracteurs plus que comme de véritables concurrents. Le risque, pour cette génération montante, est d’être instrumentalisée, marginalisée ou même discréditée avant d’avoir pu démontrer son potentiel.

En choisissant de se lever, de parler et d’agir, ces jeunes candidats ne défendent donc pas seulement leurs ambitions individuelles. Ils portent surtout les aspirations d’une génération qui refuse le silence et le mépris, face à des élites usées par des décennies de rente et de compromission. Leur entrée en campagne rappelle une évidence implacable : l’avenir politique du Gabon ne pourra se construire sans eux. Mieux, il se construira avec eux ou ne se construira pas.

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