À Libreville, les murs des lycées portent désormais les stigmates d’une société en perte de repères. Six jeunes, âgés de 16 à 20 ans, ont été interpellés ces derniers jours pour consommation de drogue, vente de stupéfiants et port d’armes blanches. L’affaire, révélée par la police scolaire, n’a rien d’exceptionnel : elle s’inscrit dans une série d’arrestations quasi quotidiennes qui secouent les établissements du Grand Libreville. Sous le vernis des uniformes impeccables et des chants matinaux, une autre jeunesse se débat, celle des marges, des blessures silencieuses et des illusions écroulées.
Les interpellations ont eu lieu à la suite de fouilles systématiques menées par la police dans plusieurs établissements secondaires. Ces opérations, désormais quasi routinières, aboutissent souvent à des découvertes glaçantes : couteaux glissés dans les sacs, pilules de tramadol vendues en cachette, sachets de cannabis échangés à la sortie des classes. Mattis (nom d’emprunt), 18 ans, ne cache pas son rôle dans ce petit commerce souterrain : « Je vends des kobolos pour arrondir mes fins de mois. Le vrai patron, c’est un grand du quartier. Moi, je touche juste ma part. » À travers ses mots désarmants, c’est tout un écosystème de survie qui s’exprime, celui d’une économie parallèle, née de la pauvreté et du désespoir.
Mais derrière chaque acte, se cache souvent une histoire. Jacques, 17 ans, arrêté pour détention de papier à joint, parle d’une voix lasse : « Je me retrouve ici à cause d’un bout de papier. La police dit que c’est pour attacher le cannabis, mais moi, je n’avais rien fumé. » Son récit n’est pas celui d’un délinquant, mais d’un adolescent perdu dans une réalité sociale où la frontière entre l’erreur et le délit s’efface au gré des circonstances. Pour beaucoup de ces jeunes, l’école n’est plus un lieu d’émancipation, mais une scène où se rejouent les tensions d’une société fracturée.
Les enquêtes révèlent que la majorité des jeunes interpellés proviennent de foyers éclatés. Absence parentale, chômage, violences domestiques : autant de cicatrices invisibles qui façonnent des destins fragiles. Henri (prénom d’emprunt), 19 ans, évoque un passé traumatisant : « Mon père battait ma mère. Un jour, il a voulu abuser d’elle devant nous. Depuis, je fume pour oublier. » Derrière ce témoignage bouleversant, se lit le cri d’une génération à la dérive, qui cherche dans la fumée l’illusion d’un apaisement que ni la famille, ni l’école, ni l’État ne lui offrent.
Ce drame du quotidien met à nu l’ampleur d’un fléau devenu structurel. Selon une source policière, près de quinze arrestations liées à la drogue ou à la violence sont effectuées chaque jour dans les établissements du Grand Libreville. Un chiffre effrayant, qui traduit la défaillance des mécanismes de prévention et d’accompagnement. Là où l’école devrait être un refuge, elle devient un terrain d’affrontement entre la misère, la tentation et la résignation. Le phénomène n’est plus marginal : il révèle la lente désagrégation du lien social au sein d’une jeunesse livrée à elle-même.
Au-delà des interpellations, cette situation appelle une réponse nationale. Punir ne suffit plus : il faut comprendre, écouter, reconstruire. L’urgence n’est pas seulement judiciaire, elle est morale et éducative. Les enseignants, les parents et les institutions doivent agir ensemble pour sauver ce qui peut encore l’être. Car si la société abandonne sa jeunesse, elle se condamne à revivre demain les erreurs qu’elle refuse d’affronter aujourd’hui. Dans les lycées de Libreville, ce ne sont pas seulement des élèves qu’on arrête : c’est une génération entière qu’on perd, lentement, sous le regard indifférent des adultes.
j’ ai une solution pour ces jeunes le service militaire
s’il vous plait monsieur le président de la république , mettez en place ce service
cela pourra régler en partie ce problème de violence et drogue en milieu scolaire chez nos enfants
aussi un autre Details régler les différents commerces dans les alentours des lycées