Crise de l’électricité : un premier revers social pour le Président Oligui

Les cent premiers jours du président Brice Clotaire Oligui Nguema à la tête de l’État gabonais et du gouvernement s’annonçaient comme un moment fondateur, marqué par l’espoir d’un renouveau institutionnel après des années d’instabilité politique. Mais un facteur inattendu et désormais insoutenable menace déjà d’éroder le capital de confiance : une crise énergétique prolongée, dont les effets délétères sur le quotidien des Gabonais pourraient bien devenir le symbole d’une gouvernance déjà mise à rude épreuve.

Depuis près d’une semaine, les coupures de courant paralysent la vie dans le Grand Libreville et d’autres localités. Les ménages sont pris en otage par des délestages aléatoires et prolongés de plus de cinq heures. Résultat : des nuits suffocantes, des appareils électroménagers endommagés, des denrées alimentaires perdues, et surtout, des activités économiques en berne. Petites entreprises, boulangeries, salons de coiffure, restaurants ou cybercafés : tout s’arrête dès que la lumière s’éteint.

Face à cette situation alarmante, le ministère en charge de l’Accès universel à l’Eau et à l’Énergie, dirigé par Philippe Tonangoye, a tenté de contenir la colère grandissante. Accusant des actes de sabotage sans en identifier les auteurs ni fournir la moindre preuve tangible, il a convoqué des réunions d’urgence et sollicité une enquête confiée aux forces de défense. Une réponse qui, loin de rassurer, donne l’image d’un pouvoir désarmé, pris au dépourvu et peu préparé à anticiper ou gérer les infrastructures critiques.

Le silence de la communication présidentielle sonne comme une dissonance. Tandis que le pays plonge dans le noir, les populations n’entendent aucun mot de compassion, aucun plan concret de la part du chef du gouvernement. Cette distance perçue entre les élites politiques et les réalités du terrain nourrit un ressentiment palpable. Sur les réseaux sociaux comme dans les rues, certains appellent désormais à une restructuration rapide de l’exécutif.

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Quant à la Société d’eau et d’énergie du Gabon (SEEG), elle s’est limitée à évoquer un incident survenu sur la ligne reliant la centrale flottante Karpowership au réseau SEEG. Elle a ensuite mis en place un programme de délestage, présenté comme équitable, mais vécu sur le terrain comme profondément arbitraire. Certains quartiers endurent des coupures prolongées, tandis que d’autres sont épargnés. Ce déséquilibre alimente une colère sourde et un sentiment d’injustice.

Dans ce contexte, les délestages ne sont plus seulement un problème technique : ils deviennent un révélateur social et politique. Ils exposent les fragilités d’un système énergétique trop dépendant, la lenteur de la réaction gouvernementale et l’absence de communication de crise efficace. Surtout, ils soulèvent une question cruciale : le président Oligui, aussi légitime soit-il devenu dans sa volonté de réforme, saura-t-il répondre rapidement aux attentes urgentes du peuple ?

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