Ce samedi, les Ivoiriens se rendent aux urnes pour renouveler les 255 sièges de l’Assemblée nationale. Deux mois après la réélection d’Alassane Ouattara pour un quatrième mandat présidentiel, le scrutin législatif apparaît comme un test crucial pour l’opposition, affaiblie par des dissensions internes et une campagne marquée par des restrictions politiques.
Le parti présidentiel, le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), vise la majorité absolue au Parlement. Avec 165 députés sortants, le RHDP entend consolider sa domination en présentant des candidats dans toutes les circonscriptions. Parmi eux figurent des figures majeures de l’exécutif : le Premier ministre Robert Beugré Mambé à Songon, le président de l’Assemblée nationale Adama Bictogo à Yopougon et le ministre de la Défense Téné Birahima Ouattara à Abobo. Cette stratégie illustre la volonté du parti au pouvoir de concentrer son influence sur l’ensemble du territoire.
L’opposition, quant à elle, reste divisée et tente de préserver son influence parlementaire malgré la répression et les fractures internes. Elle espère obtenir un nombre suffisant de sièges pour maintenir une présence significative à l’Assemblée nationale, condition nécessaire pour bénéficier de financements publics et peser sur les décisions législatives.
Les autres groupes parlementaires, comme le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) et le Parti des peuples africains (PPA), continuent de représenter une alternative, mais leur poids reste limité face à la machine électorale du RHDP.
Pour les observateurs, ces élections législatives seront révélatrices de l’évolution du paysage politique ivoirien : si le RHDP confirme sa majorité absolue, l’opposition pourrait se retrouver marginalisée, tandis qu’un résultat plus équilibré offrirait un espace politique plus ouvert et compétitif.
Le scrutin de ce samedi sera donc scruté de près, non seulement pour sa dimension électorale, mais aussi pour ses implications sur la stabilité et la démocratie en Côte d’Ivoire.