La 30e Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques, la COP 30, a officiellement débuté ce lundi dans la capitale amazonienne de Belém. Le choix de ce lieu n’est pas anodin : en plaçant la forêt tropicale au centre des débats, le Brésil du président Lula espère forcer les pays développés à concrétiser leurs promesses de financement climatique. L’objectif avoué est de transformer la rhétorique de la conservation en actions tangibles pour une transition énergétique juste, notamment dans les pays du Sud.
Le point névralgique de cette conférence sera la révision des Contributions Déterminées au niveau National (CDN), les engagements que chaque pays prend pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre. Ces plans, qui doivent maintenant s’étendre jusqu’à 2035, sont sous la pression croissante des scientifiques qui exigent des coupes bien plus drastiques que celles promises actuellement. Un échec à renforcer ces objectifs compromettrait définitivement la possibilité de maintenir le réchauffement sous la barre critique de 1,5°C par rapport à l’ère préindustrielle.
Au-delà de la réduction des émissions, l’argent reste le facteur bloquant. Les nations en développement insistent sur la nécessité d’atteindre un nouvel objectif de financement de 1 300 milliards de dollars par an d’ici 2035 pour l’adaptation et l’atténuation. De son côté, la délégation brésilienne met en avant la nécessité d’une « transition ordonnée », craignant que des exigences trop rapides ne freinent le développement économique de régions entières, tout en appelant à une coopération internationale renforcée contre la déforestation illégale.
Les peuples autochtones, dont la présence est particulièrement forte à Belém, s’affichent comme des acteurs incontournables. Représentant des modes de vie souvent en harmonie avec la forêt, ils exigent d’être pleinement associés aux mécanismes de financement et de décision qui concernent leurs territoires. Leurs revendications portent sur la reconnaissance de leurs droits fonciers comme levier le plus efficace pour protéger la biodiversité.
La COP 30 est plus qu’une simple réunion ; c’est un test de crédibilité pour l’action climatique mondiale. Si le monde parvient à s’entendre sur un mécanisme de financement qui protège la forêt tout en assurant le développement du Sud, Belém pourrait devenir un symbole d’espoir. Dans le cas contraire, cette conférence risque d’être perçue comme un nouveau rendez-vous manqué face à l’urgence climatique.