Le Gabon continue de tisser des liens économiques et culturels solides avec la République populaire de Chine, en misant cette fois sur une ressource naturelle aussi modeste que prometteuse : le bambou. Du 16 au 19 avril, une délégation officielle chinoise, conduite par Son Excellence M. Zhou Ping, Ambassadeur de Chine au Gabon, a séjourné à Libreville dans le cadre d’une mission de coopération stratégique.
Composée d’experts issus de la province du Jiangsu, cette délégation s’est spécifiquement intéressée à la sylviculture et à l’industrie du bambou, avec en toile de fond un objectif partagé : renforcer les partenariats techniques et artisanaux autour de la valorisation de cette ressource durable.
La visite s’est déroulée sous la coordination conjointe du Ministre du Tourisme et de l’Artisanat, M. Pascal Ogowe Siffon, et du Ministre des Affaires étrangères, M. Régis Onanga Ndiaye. Plusieurs acteurs institutionnels gabonais ont activement pris part à cette initiative, notamment Mme Rachel Ebaneth, Directrice Générale de la Chambre Nationale des Métiers de l’Artisanat, et M. Nzatsi Moussavou, Directeur Général de l’Artisanat.
Cette mission s’inscrit dans une volonté affirmée des autorités gabonaises de diversifier les leviers de développement local et d’intégrer davantage l’artisanat dans les dynamiques économiques nationales. En misant sur le bambou, dont les usages vont de la construction légère à l’ameublement, en passant par l’artisanat d’art, le Gabon explore une filière à forte valeur ajoutée, respectueuse de l’environnement et riche en débouchés.

Une immersion au cœur du potentiel gabonais
Moment fort de la visite : l’accueil de la délégation sur le site naturel de Cap Caravane, où les invités chinois ont pu découvrir les mangroves locales au cours d’une balade en barge flottante. Ce parcours, organisé à l’initiative de l’Ambassade de Chine, visait à faire apprécier le potentiel écotouristique gabonais, tout en créant un cadre propice aux échanges techniques et institutionnels. « Le bambou est bien plus qu’une plante : c’est un vecteur d’innovation artisanale, un matériau d’avenir, et un trait d’union entre nos deux pays », a souligné un membre de la délégation chinoise.
L’enjeu de cette visite va au-delà de la seule découverte. Elle marque le début d’un dialogue structuré sur le transfert de savoir-faire, les techniques de transformation du bambou et l’intégration de cette filière dans les programmes de formation des artisans gabonais. Des perspectives de jumelage entre structures artisanales des deux pays ont également été évoquées, avec à la clé des opportunités de co-développement et de marché commun.
Dans un contexte où le Gabon s’attèle à repenser son modèle économique post-extractiviste, ce type d’initiative illustre une volonté claire : faire de l’artisanat et de la biodiversité des piliers de croissance endogène.