CNAMGS : le reflet d’un système de solidarité à bout de souffle ?

La CNAMGS, pilier central du système de protection sociale au Gabon, vit actuellement une véritable asphyxie financière. Selon nos confrères du quotidien l’Union, l’État et la Fédération des entreprises du Gabon (FEG) cumuleraient à eux seuls plus de 140 milliards de FCFA de dettes envers la caisse. Une situation qui compromet gravement le fonctionnement normal de cette institution, censée garantir l’accès aux soins de santé pour des milliers de Gabonais.

Dans le détail, la dette de l’État gabonais serait estimée à plus de 34 milliards de FCFA, issue principalement des arriérés de cotisations patronales et des remboursements non effectués. À cela s’ajoute la FEG, représentant le secteur privé, dont la dette dépasserait les 107 milliards de FCFA, liée au non-versement régulier des cotisations sociales des entreprises affiliées. Cette accumulation de créances plonge la CNAMGS dans une spirale de déséquilibre budgétaire, fragilisant sa capacité à honorer ses engagements envers les prestataires de santé, les pharmacies et les assurés.

Faute de liquidités, plusieurs hôpitaux et cliniques partenaires se plaignent de retards de paiement, certains menaçant même de suspendre temporairement la prise en charge des assurés CNAMGS. Les pharmacies, quant à elles, dénoncent l’allongement des délais de remboursement, ce qui perturbe la disponibilité de certains médicaments essentiels. Sur le terrain, ce sont les bénéficiaires qui en paient le prix fort : files d’attente interminables, prestations suspendues et sentiment croissant d’abandon.

Face à cette crise, les inquiétudes grandissent quant à la pérennité de la CNAMGS. Si aucune solution structurelle n’est trouvée dans les prochains mois, certains experts redoutent un effondrement du système, synonyme de rupture dans la couverture maladie et d’un recul social majeur pour le pays. L’État, principal garant du bon fonctionnement de cette institution, se retrouve donc face à un impératif, assainir les comptes et régulariser sa dette, tout en incitant la FEG à faire de même.

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