Clôture des campagnes Octobre rose et Novembre bleu, un bilan positif mais des défis persistants

Les 12ᵉ et 6ᵉ éditions des campagnes nationales Octobre Rose et Novembre Bleu, respectivement dédiées à la lutte contre le cancer du sein et le cancer de la prostate, ont officiellement pris fin ce vendredi 5 novembre, lors d’une cérémonie réunissant les plus hautes autorités du pays. La Présidente du Sénat, Paulette Missambo, le Président de la Cour Constitutionnelle, Dieudonné Ab’a Owono, parrain de la campagne Novembre Bleu, ainsi que le Ministre de la Santé, Nadine Nathalie Awanang, ont marqué de leur présence cet événement, aux côtés de représentants du corps diplomatique, d’organisations de la société civile et de nombreux acteurs du secteur sanitaire.

Cette cérémonie a également été l’occasion de célébrer en différé la Journée Mondiale de l’Élimination du Cancer du Col de l’Utérus, soulignant l’engagement continu du Gabon à renforcer la prévention, le dépistage et la prise en charge précoce des cancers féminins. La Directrice du Programme National de Prévention et de Contrôle des Cancers, Dr Nathalie Ambounda, et le Chef de Service d’Urologie du Centre Hospitalier Universitaire de Libreville, Pr Ndang Ngou, ont présenté le bilan des campagnes. Les chiffres témoignent d’une mobilisation nationale importante, soutenue par les équipes sanitaires, les organisations communautaires et les partenaires techniques.

Selon les résultats, des milliers de femmes et d’hommes ont bénéficié d’activités de sensibilisation, de dépistage et d’orientation à travers tout le pays. Un chiffre en particulier se démarque : 2 292 hommes dépistés en 2025 dans le cadre de la campagne Novembre Bleu, illustrant une prise de conscience croissante du public masculin sur l’importance du dépistage précoce du cancer de la prostate.

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Dans le cadre de la lutte contre le cancer du col de l’utérus, le Ministère de la Santé a réaffirmé son engagement à promouvoir la vaccination contre le HPV, le dépistage régulier et la prise en charge précoce des lésions précancéreuses. Ces actions visent à protéger durablement les femmes et à réduire l’incidence de ce cancer sur le long terme.

Un moment clé de la cérémonie a été la remise officielle de kits de laboratoire, de dépistage et de matériel de prise en charge au profit du Laboratoire d’Anatomopathologie de l’Université des Sciences de la Santé, de l’Institut des Maladies Infectieuses Professeur Daniel Gahouma et du Centre Hospitalier Universitaire d’Owendo. Cette dotation, essentielle pour renforcer les capacités techniques et diagnostiques des structures spécialisées, devrait améliorer la qualité et la rapidité des diagnostics dans le pays.

Si le bilan présenté est globalement positif, il soulève néanmoins plusieurs questions. Malgré la forte mobilisation, les campagnes de sensibilisation atteignent-elles toutes les couches de la population, notamment dans les zones rurales et isolées ? Les infrastructures et les ressources disponibles sont-elles suffisantes pour assurer un suivi régulier et efficace des patients dépistés ? Enfin, la sensibilisation masculine, bien qu’en hausse, reste encore un défi : comment maintenir et accroître l’adhésion des hommes au dépistage préventif  ?

Tout en espérant que les personnes malades, nombreuses à chercher de l’aide via les réseaux et les médias, parviennent à en bénéficier concrètement, il est encourageant de rappeler que, selon les statistiques internationales, le taux de rémission des cancers du sein et de la prostate peut dépasser 80 % lorsqu’ils sont dépistés et traités précocement. Ces chiffres mettent en lumière l’importance vitale d’un dépistage systématique et d’un suivi adapté, confirmant que la lutte contre les cancers au Gabon nécessite un engagement constant, des moyens renforcés et des stratégies adaptées aux réalités locales pour garantir un accès équitable aux soins pour tous.

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