La rumeur enfle, mais aucune déclaration officielle ne vient la confirmer. Depuis près d’un an, l’hypothèse d’une candidature de l’ancien président sénégalais Macky Sall au poste de secrétaire général de l’Organisation des Nations unies circule avec insistance dans les cercles diplomatiques africains et internationaux.
L’échéance est pourtant connue, le mandat d’António Guterres arrive à son terme le 31 décembre 2026. À l’approche de la date limite de dépôt des candidatures, le silence entretenu autour de cette possible ambition nourrit autant les spéculations que les calculs géopolitiques.
Le 39e sommet de l’Union africaine, organisé à Addis-Abeba, apparaissait comme le cadre idéal pour lever le voile sur cette éventuelle candidature. Pourtant, aucune annonce officielle n’est venue confirmer ou infirmer les intentions de l’ancien chef d’État. Ce silence stratégique interroge : s’agit-il d’une attente tactique liée aux équilibres diplomatiques au sein du Conseil de sécurité, ou d’une hésitation face aux rapports de force internationaux ? Car au-delà d’un soutien continental, l’accession au poste de secrétaire général dépend largement du jeu des grandes puissances.
Pour l’Afrique, l’enjeu est de taille. Le continent n’a plus occupé le poste depuis l’Égyptien Boutros Boutros-Ghali (1992-1996). Une candidature portée par une figure politique expérimentée comme Macky Sall pourrait symboliser une volonté de repositionnement diplomatique africain sur la scène mondiale. Ancien président reconnu pour son implication dans les instances multilatérales et les questions de financement du développement, il disposerait d’un profil compatible avec les exigences du poste. Mais toute ambition internationale nécessite un alignement régional clair, ce qui suppose un consensus au sein de l’Union africaine, loin d’être acquis d’avance.
À mesure que la date limite approche, le mystère demeure entier. Ni confirmation officielle, ni démenti formel, la stratégie du silence entretient l’attention, mais elle ne pourra durer indéfiniment. Si candidature il y a, elle devra bientôt se matérialiser par un acte diplomatique concret. Dans le cas contraire, cette séquence restera comme l’une des spéculations politiques les plus persistantes du continent à l’approche de la succession d’António Guterres.