L’amphithéâtre de la BEAC a récemment accueilli un Café Numérique organisé à l’initiative du Ministère de l’Économie Numérique, de la Digitalisation et de l’Innovation. Cet événement a constitué une plateforme stratégique d’échange entre le ministre Mark Alexandre Doumba, les présidents de l’ANINF, de l’ARCEP, de la SING, ainsi que de nombreux acteurs de l’écosystème numérique. L’objectif principal : dresser un état des lieux des avancées du secteur, identifier les obstacles structurels, et définir les perspectives pour asseoir durablement une économie numérique forte et inclusive.
Les discussions ont porté sur des thématiques essentielles telles que l’amélioration de la connectivité, le développement des infrastructures numériques, la digitalisation des services publics, le soutien à l’innovation locale, ainsi que la formation aux métiers du numérique. Cette approche transversale témoigne d’une volonté de faire du numérique un levier de transformation économique et sociale. En donnant la parole aux professionnels, entrepreneurs, représentants de start-ups et membres de la société civile, ce rendez-vous a également permis de faire remonter des réalités de terrain trop souvent ignorées par les décisions politiques.
Si la qualité des échanges a été saluée, l’efficacité réelle de cette initiative dépendra de sa capacité à se traduire en actions concrètes. Les attentes sont élevées quant à la mise en œuvre de mesures structurantes, telles que la levée des barrières réglementaires, la facilitation du financement des projets innovants, ou encore l’élargissement de l’inclusion numérique, notamment dans les zones rurales et périphériques encore peu couvertes.
Le ministre Mark Alexandre Doumba a insisté sur un impératif : structurer l’écosystème autour d’une vision claire et autonome du développement numérique. Il a invité les acteurs du secteur à rompre avec les logiques de dépendance technologique, en valorisant les compétences locales, en stimulant la création de solutions adaptées aux besoins nationaux, et en générant des flux économiques endogènes. Une manière de bâtir une souveraineté numérique gabonaise, à l’image des modèles émergents en Afrique de l’Ouest et de l’Est.
Dans ce sens, le Café Numérique ne s’est pas contenté de dresser un état des lieux : il a amorcé une réorientation stratégique, appelant à des partenariats renforcés entre secteur public et privé, à la structuration de hubs technologiques, et à l’adoption d’une gouvernance numérique agile, capable de répondre aux mutations rapides de l’économie mondiale.
L’un des défis majeurs reste cependant la pérennisation de ces espaces de dialogue, au-delà de leur aspect événementiel. Sans un cadre institutionnalisé de suivi, les bonnes intentions risquent de rester lettre morte. Il s’agit désormais de mettre en place des mécanismes d’évaluation, de pilotage et de redevabilité qui permettent de mesurer l’impact réel des politiques numériques engagées.
Ce Café Numérique a jeté les bases d’un projet collectif ambitieux : faire du numérique un vecteur d’inclusion, de croissance et de résilience pour le Gabon. Il appartient désormais à l’ensemble des acteurs publics, privés, académiques et citoyens de transformer l’essai et d’écrire, ensemble, la prochaine page de l’économie digitale gabonaise.