BGFI Holding reporte son introduction en bourse

L’introduction en bourse de BGFI Holding Corporation (BHC), annoncée comme l’un des grands tournants financiers de l’année en zone CEMAC, vient d’être reportée sine die. Dans un communiqué diffusé le lundi 28 juillet 2025, le groupe bancaire a officialisé la suspension de sa procédure d’admission à la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC), invoquant des litiges judiciaires opposant certains actionnaires à la direction. Un coup d’arrêt inattendu qui jette une ombre sur la gouvernance et la stratégie future de ce fleuron bancaire régional.

« Soucieux de garantir la sérénité de l’ensemble des parties prenantes à l’opération », précise le communiqué, le conseil d’administration de BHC, en concertation avec la Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale (Cosumaf), a jugé préférable d’attendre l’issue des procédures en cours devant le Tribunal de commerce de Libreville. Ce gel vise à prévenir toute instabilité juridique ou financière dans une opération aussi sensible que l’ouverture du capital au public.

Au cœur de la contestation figure Christian Kerangall, actionnaire influent et figure de proue du capital historique du groupe, qui détient à lui seul 23 % des parts. Farouchement opposé à l’introduction boursière dans sa configuration actuelle, il a saisi la justice commerciale afin de bloquer le processus. Selon son entourage, Kerangall remet en cause la clarté de la stratégie de croissance post-cotation et pointe une transition managériale encore fragile, survenue après le départ de l’ex-PDG Henri-Claude Oyima, aujourd’hui ministre de l’Économie.

Pour lui, l’initiative est prématurée. Il plaide pour un délai raisonnable permettant à la nouvelle direction de renforcer sa légitimité et de consolider les fondamentaux du groupe avant toute ouverture au marché. Il juge également que les actionnaires n’ont pas reçu toutes les garanties de transparence quant aux projections financières et aux risques associés à cette opération. Dans cette optique, sa démarche judiciaire serait, selon ses termes, motivée par « un souci de prudence et de bonne gouvernance ».

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En conséquence, l’introduction en bourse de BHC, initialement prévue pour le second semestre 2025, est suspendue jusqu’à nouvel ordre. Si ce report constitue un revers pour les ambitions de dynamisation du marché financier sous-régional, il illustre également les tensions persistantes autour du partage du pouvoir économique au sein des grandes institutions privées du Gabon. À Libreville comme à Douala, les milieux d’affaires restent suspendus à la décision du tribunal, qui pourrait redessiner l’avenir de BGFI Holding.

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