Belinga : le Gabon restructure son pilotage minier pour accélérer le projet

Le Gabon réorganise le pilotage du gisement de fer de Belinga en supprimant le Haut-Commissariat et en créant une Task-force directement rattachée à la présidence. Objectif : accélérer la réalisation des infrastructures minières.

Le gouvernement gabonais a pris un tournant décisif dans la gestion du gisement de fer de Belinga en dissolvant le Haut-Commissariat chargé de son suivi et en créant une Task-force directement rattachée à la présidence. Cette réforme vise à rationaliser l’action publique, réduire les lourdeurs administratives et accélérer la réalisation des infrastructures minières, ferroviaires, portuaires et énergétiques indispensables à l’exploitation du site.

Selon le ministre des Mines, Gilles Nembe, « pendant longtemps, Belinga a été un projet dont on parlait beaucoup, mais que l’on ne voyait jamais réellement avancer. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas ». Il ajoute que « Belinga n’est plus un gisement isolé, c’est un écosystème dans une vision nationale de transformation économique ». Ces propos illustrent la volonté de l’exécutif de transformer le projet en un moteur intégré de développement industriel, plutôt qu’en simple exploitation minière.

Les missions du Haut-Commissariat sont désormais réparties entre trois ministères clés : Mines, Transports et Énergie. Cette redistribution doit permettre une meilleure coordination technique et un suivi plus efficace des activités minières, ferroviaires et portuaires, ainsi que du développement des infrastructures électriques nécessaires. L’État récupère par ailleurs l’ensemble des biens, droits, obligations et contrats liés au projet, dans un objectif d’optimisation des ressources publiques et de cohérence administrative.

La nouvelle Task-force, temporaire et interministérielle, devient l’outil central de pilotage politique. Placée sous l’autorité directe du chef de l’État, elle supervise l’ensemble des volets stratégiques : développement minier, construction du port de Kobe-Kobe, chemin de fer Belinga–Kobe-Kobe et centrales hydroélectriques associées. Selon l’économiste Mamadou Nziengui, cette structure permet une « intégration verticale » essentielle pour éviter retards et surcoûts lorsque les différents secteurs avancent à des rythmes divergents, tout en offrant une voix unique face aux investisseurs internationaux.

Lire Aussi:  Mark Alexandre Doumba porte haut la vision économique du Gabon aux Réunions de Printemps du FMI et de la Banque mondiale

Le marché mondial du fer connaît actuellement un excédent d’offre, et l’arrivée d’une nouvelle production pourrait exercer une pression à la baisse sur les prix. Dans ce contexte, la viabilité économique de Belinga pourrait sembler incertaine pour beaucoup. Pourtant, le Gabon ne renonce pas : le projet est considéré comme un levier stratégique pour la souveraineté industrielle du pays, la création d’emplois et le développement local, indépendamment des fluctuations internationales.

La nouvelle gouvernance traduit donc une volonté de contrôle direct et d’agilité dans un dossier crucial pour l’avenir économique du Gabon. Avec un calendrier d’exécution désormais piloté depuis le sommet de l’État et des rapports réguliers de redevabilité, Belinga se veut un projet exemplaire de développement intégré. Reste à voir si cette concentration des responsabilités permettra d’atteindre l’objectif : transformer le gisement en un moteur concret de croissance industrielle, dans un marché mondial où la concurrence et l’offre excédentaire seront désormais des facteurs à surveiller de près.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *