La session 2025 du baccalauréat gabonais restera dans les annales comme l’une des plus singulières de ces dernières années. Au-delà des chiffres et des taux de réussite, ce sont les parcours hors normes des candidats qui ont retenu l’attention. À commencer par celui de la plus jeune bachelière du pays, une élève de série B âgée de seulement 13 ans. Née le 6 février 2011 à Libreville, elle a décroché son diplôme dès le premier tour avec une moyenne de 11,12/20. Une performance qui force le respect et témoigne d’un potentiel intellectuel précoce.
À l’autre extrémité du spectre, l’excellence s’est illustrée dans la rigueur. Une candidate de 18 ans, inscrite en série D, a obtenu la meilleure moyenne nationale, soit 16,50/20. Un score remarquable dans un système éducatif confronté à des défis persistants, et qui prouve que l’exigence académique peut encore produire des résultats d’exception. Cette réussite rappelle qu’avec les bons encadrements, le mérite peut triompher malgré les contraintes structurelles.
Autre symbole fort de cette session : la réussite de la plus vieille candidate, âgée de 45 ans. Inscrite en candidate libre en série A1, elle a obtenu son baccalauréat avec une moyenne de 10,04. Ce succès tardif, bien que modeste sur le plan statistique, incarne une victoire personnelle et sociétale. Il réaffirme que l’accès à la connaissance n’est limité ni par l’âge, ni par le parcours de vie, mais dépend avant tout de la volonté de se dépasser.
Dans les centres pénitentiaires, la participation des détenus aux épreuves du bac a une fois de plus souligné l’importance de l’éducation comme levier de réinsertion. Sur les 38 inscrits, 29 ont effectivement composé. Parmi eux, 7 ont été admis, 10 sont admissibles au second tour, tandis que 12 n’ont pas obtenu la moyenne. Ces chiffres traduisent une dynamique éducative prometteuse derrière les murs, portée par l’espoir d’un nouveau départ.
Enfin, les candidats en situation de handicap ont, eux aussi, brillamment pris part à cette session. Les 59 candidats inscrits se sont tous présentés aux épreuves, avec un bilan honorable : 28 admis, 27 admissibles et seulement quatre ajournés. Une participation saluée par les acteurs de l’éducation, qui y voient le fruit des politiques d’inclusion progressive, même si beaucoup reste à faire. En somme, cette édition du baccalauréat s’impose comme une photographie fidèle de la diversité gabonaise, où la ténacité, l’excellence et la résilience se conjuguent au présent.