Aubameyang, icône mondiale, silence national : une anomalie gabonaise ?

Pierre-Emerick Aubameyang a franchi un cap historique avec son club d’Al-Qadsiah : 400 buts inscrits en carrière professionnelle. Ce chiffre symbolique le fait entrer un peu plus dans le panthéon du football africain, où il se hisse désormais à la 3ᵉ place des meilleurs buteurs du continent, derrière deux légendes : Samuel Eto’o (428) et Didier Drogba (454).

Un tel accomplissement ne peut passer inaperçu. Car au-delà des statistiques, Aubameyang incarne bien plus : une fierté nationale, une longévité remarquable, et l’image d’un Gabon conquérant sur la scène internationale.

Depuis plus d’une décennie, il illumine les plus grands championnats européens, Bundesliga, Premier League, Liga, Ligue 1. Meilleur buteur d’Allemagne, co-meilleur buteur d’Angleterre, capitaine emblématique des Panthères, il est le premier Gabonais à avoir marqué dans chacun de ces championnats d’élite. Une prouesse rare dans l’histoire du football africain. Et pourtant, au Gabon, aucune statue, aucun stade, ni même une rue ne porte encore son nom. Ce silence interroge.

Dans un pays où les figures sportives de cette envergure sont rares, l’absence de reconnaissance institutionnelle à l’égard d’un tel parcours s’apparente à un oubli. L’État célèbre-t-il assez celles et ceux qui font rayonner le Gabon au-delà de ses frontières ? Faut-il toujours attendre l’hommage posthume, quand l’histoire s’écrit sous nos yeux, en temps réel ? Qu’attend-on pour ériger une statue, baptiser un centre de formation ou instaurer une journée nationale du sport en son honneur ? Un tel geste dépasserait la simple symbolique : il incarnerait un message fort d’excellence, de persévérance et de mérite dignes d’admiration et de reconnaissance à destination de la jeunesse gabonaise. Le Gabon tient là l’un de ses plus grands ambassadeurs contemporains.

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