L’impasse se maintient entre le Niger et son voisin le Bénin, le chef de l’État nigérien, le général Abdourahamane Tiani, ayant décidé de maintenir la fermeture de la frontière terrestre. Cette décision intervient en dépit de la levée des sanctions économiques de la CEDEAO et des appels à la normalisation complète des relations entre les deux pays, qui partagent pourtant des liens commerciaux vitaux.
La route entre le port de Cotonou (Bénin) et Niamey (Niger) est traditionnellement l’une des principales artères logistiques pour l’approvisionnement du Niger, un pays enclavé. La persistance de cette fermeture frontalière a des répercussions désastreuses sur l’économie nigérienne. Le pays subit de graves perturbations dans l’importation de biens de première nécessité, de carburant et de matériaux de construction.
Côté béninois, la situation génère également des pertes considérables pour le port de Cotonou, dont une part significative de l’activité repose sur le transit de marchandises vers le Niger. Les transporteurs et les entreprises de logistique dénoncent une crise prolongée qui menace de nombreuses PME des deux côtés de la frontière et qui ralentit la dynamique commerciale régionale.
Selon le Président Tiani, la décision de maintenir la frontière avec le Bénin fermée est une mesure de protection indispensable. Il a justifié cette position en affirmant que « l’ouvrir reviendrait à trahir les aspirations du peuple nigérien », tant que la situation sécuritaire n’évolue pas du côté béninois. Accusant directement Cotonou de servir de relais à des puissances occidentales, il a dénoncé l’accueil de « soldats français et belges » sur le territoire béninois. Plus grave encore, le Président Tiani a accusé ces puissances de « financer et soutenir le terrorisme pour déstabiliser les pays de l’AES », faisant de la fermeture de la frontière un acte de résistance nationale.
La junte militaire nigérienne justifie cette fermeture par des raisons de sécurité nationale, accusant le Bénin d’abriter des forces déstabilisatrices ou de ne pas garantir la sécurité de ses frontières. Le Bénin, de son côté, rejette ces accusations et réitère sa volonté de rétablir une coopération totale, soulignant que la fermeture unilatérale contrevient aux principes de la libre circulation au sein de l’espace CEDEAO.
Si la crise politique entre Niamey et la CEDEAO semble avoir été apaisée, la crise économique et logistique persiste entre le Niger et le Bénin. Les observateurs craignent que cette impasse prolongée ne force le Niger à se tourner vers des alternatives logistiques plus coûteuses et plus longues, fragilisant davantage une économie déjà soumise à la pression sécuritaire et au manque d’investissements étrangers.