L’arrestation, dans la soirée du 15 octobre, de Harold Leckat, directeur de publication du média en ligne Gabon Media Time, par les agents de la Direction Générale des Recherches (DGR), suscite une vive indignation au sein de la profession et relance le débat sur la liberté de la presse au Gabon.
Selon un communiqué publié par la rédaction de Gabon Media Time, une audition du journaliste avait pourtant été convenue d’un commun accord avec la DGR pour ce jeudi 16 octobre à 9 heures. Malgré cet engagement clair et formel, les forces de sécurité ont procédé à une arrestation jugée “musclée et théâtralisée” par ses collaborateurs. Une interpellation d’autant plus incompréhensible que M. Leckat avait exprimé sa pleine disposition à répondre à la convocation, « n’ayant rien à cacher », selon le média.
Au-delà des conditions choquantes de cette arrestation, la rédaction déplore le mutisme de la DGR qui n’a, jusqu’à présent, donné aucune information sur la localisation ni sur la situation exacte du journaliste. Une attitude qui alimente l’inquiétude de sa famille, de ses proches et de ses collègues.
Depuis plusieurs mois, Gabon Media Time dit subir de nombreuses pressions et intimidations, signe inquiétant d’un climat médiatique tendu. Cette nouvelle arrestation vient accentuer les craintes d’un recul de la liberté d’expression dans un contexte où la presse indépendante joue un rôle essentiel de contre-pouvoir.
Dans une démocratie en construction, la liberté de la presse n’est pas un privilège mais un droit fondamental, garanti par la Constitution et les instruments internationaux ratifiés par le Gabon. L’interpellation de Harold Leckat, dans des conditions aussi brutales qu’injustifiées, sonne donc comme un signal alarmant.