Appartements luxueux, voitures de rêve : Qui finance le train de vie des jeunes filles gabonaises?

Dans de nombreuses villes du Gabon notamment dans la capitale, Libreville, un phénomène attire l’attention : celui de jeunes femmes vivant dans des appartements haut de gamme, roulant en voitures dernier cri et affichant un train de vie difficilement accessible même pour de jeunes travailleurs. Ce mode de vie ostentatoire, souvent exhibé sur les réseaux sociaux, soulève de nombreuses interrogations dans une société marquée par le chômage des jeunes ou la précarité économique.

Derrière cette image de luxe, une réalité sociologique complexe se dessine. Plusieurs de ces jeunes femmes sont entretenues par des hommes plus âgés, parfois mariés, que l’on désigne communément sous le nom de “sugar daddy ». En échange de faveurs affectives ou sexuelles, ces derniers offrent sécurité matérielle, voyages, voitures, loyers et autres avantages.

Pour nombre de ces jeunes filles, il ne s’agit pas seulement d’un choix opportuniste mais souvent d’une stratégie de survie dans un pays où les perspectives professionnelles sont limitées. L’accès à l’emploi, à la formation de qualité ou à l’entrepreneuriat reste complexe. Cette situation pousse certaines à s’appuyer sur leur apparence ou leur pouvoir de séduction pour tenter de s’élever socialement, parfois au détriment de leur autonomie ou de leur intégrité.

Ce modèle de réussite basé sur l’apparence et l’entretien pose des questions profondes sur les valeurs transmises à la jeunesse. Il alimente une culture de l’instantané, du paraître, et fragilise les efforts de promotion de l’éducation, de l’effort personnel et de l’indépendance financière. Il met également en lumière le rôle souvent opaque de certains hommes puissants qui, par leur influence et leurs moyens, participent à perpétuer ces comportements déviants.

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Il appartient désormais à l’Etat gabonais, aux parents et aux éducateurs, de jouer leur rôle. Car au-delà du jugement moral, il s’agit de repenser les modèles de réussite proposés aux jeunes, de renforcer l’accès à l’emploi et à la formation, et d’encourager des réussites fondées sur la responsabilité, l’ambition et la dignité. La jeunesse gabonaise mérite mieux que des illusions de luxe sans lendemain.

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