Ali Bongo porte plainte depuis Paris : « J’ai été séquestré et torturé par le régime d’Oligui ! »

Ali Bongo Ondimba, ex-président du Gabon renversé en août 2023, a été entendu ce mardi 1er juillet 2025 par deux juges d’instruction au tribunal judiciaire de Paris. Cette audition s’inscrit dans le cadre de la plainte qu’il a déposée pour “séquestration arbitraire”, dénonçant les conditions de son assignation à résidence après le coup d’État militaire ayant mis fin à 55 années de règne de la famille Bongo sur le Gabon. Désormais exilé à Luanda, en Angola, Ali Bongo se présente comme victime d’un traitement illégal et inhumain orchestré par le nouveau pouvoir militaire.

Selon nos confrères de Tv5 Monde, l’enquête ouverte par le parquet de Paris en janvier dernier cible des faits graves : enlèvement, actes de barbarie, torture et séquestration en bande organisée. Les avocats du clan Bongo, Mes François Zimeray, Pierre-Olivier Sur, Catalina de la Sota et Clara Gérard-Rodriguez, saluent les avancées de l’instruction et affirment que des éléments tangibles commencent à émerger : des dates, des lieux et même des présumés responsables. Cette procédure judiciaire, suivie de près à Paris comme à Libreville, pourrait avoir des répercussions bien au-delà du cas Bongo, en jetant une lumière crue sur les conditions de transition du pouvoir dans ce pays d’Afrique centrale.

Toujours selon le même média, le Général Brice Oligui Nguema, chef du fil du 30 août 2023 et désormais président du Gabon, aurait fermement nié toute pratique de torture. Il promet un procès équitable, pour Sylvia Bongo, épouse de l’ex-président, et leur fils Noureddin, tous deux inculpés pour détournement massif de fonds publics. Pourtant, les avocats de la famille dénoncent des violences physiques et psychologiques, dont ils disent détenir les preuves. Le contexte d’instabilité et d’instrumentalisation de la justice fragilise encore davantage la promesse d’un procès impartial.

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Ali Bongo, dont la santé demeure fragile depuis un AVC en 2018, reste affaibli, mais déterminé à faire reconnaître ses droits. Accusée de népotisme, de corruption et de dérive autoritaire, la dynastie Bongo a laissé derrière elle un pays fracturé, dominé par une élite prédatrice et coupée des réalités sociales. « Le coup de Libération » d’Oligui Nguema, salué dans un premier temps par une partie de la population lassée du régime, suscite aujourd’hui son lot de questions, notamment à cause de l’omniprésence des PGDistes et autres acteurs ayant assujetti et méprisé le peuple sous le régime d’Ali Bongo.

Au-delà du cas individuel d’Ali Bongo, cette affaire judiciaire révèle l’ampleur des tensions politiques et des enjeux de justice sociale au Gabon. Elle pose une question fondamentale : comment concilier rupture avec l’ancien régime et respect de l’État de droit ? À Paris, les juges d’instruction devront trancher sur des faits lourds, dans un dossier où se croisent mémoire postcoloniale, diplomatie franco-africaine et quête de vérité.

Pour l’ex-président, il s’agit d’une bataille judiciaire, mais aussi d’un combat symbolique pour sa réhabilitation. Pour le Gabon, c’est peut-être le début d’une introspection nationale sur la violence politique et la justice transitionnelle.

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