Ali Bongo et sa famille s’envolent pour l’Angola : le grand départ, en silence

Ce qui bruissait hier dans les couloirs du pouvoir est désormais confirmé : Ali Bongo Ondimba, son épouse Sylvia Bongo et leur fils Noureddin Bongo Valentin ont quitté le Gabon en direction de Luanda en Angola. L’information a été officialisée par un communiqué de la présidence angolaise, précisant que la famille Bongo a été libérée et se trouve dorénavant en Angola.

À l’origine de cette issue, des échanges entre João Lourenço, président de l’Angola et président en exercice de l’Union africaine, et Brice Clotaire Oligui Nguema. Une médiation discrète, qui aurait abouti après la récente visite du chef d’État angolais à Libreville il y a quelques jours.

Depuis le coup d’État du 30 août 2023, la famille Bongo était sous étroite surveillance. Sylvia Bongo, d’abord assignée à résidence puis écrouée à la Prison Centrale de Libreville était soupçonnée d’avoir joué un rôle actif dans la gestion de l’après-AVC de son mari. Son fils Noureddin, quant à lui, avait été désigné comme l’un des architectes d’un vaste système de détournement de fonds publics et incarcéré dans cette même prison.

Et pourtant, aucune déclaration officielle du gouvernement gabonais, aucun point presse. C’est à l’étranger que les Gabonais ont appris que les figures centrales du système déchu venaient de quitter le territoire. Une annonce froide, qui sonne comme un coup de théâtre.

Ce départ, organisé loin du regard des citoyens, ressemble à une sortie par la porte de service. Ni procès, ni confrontation avec la justice, ni compte rendu sur les responsabilités engagées pendant les décennies de règne Bongo. Le silence, lui, est total. Du Palais du bord de mer comme du côté du ministère de la Justice.

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Les promesses de transparence, répétées depuis la transition jusqu’au aujourd’hui par les autorités actuelles sont mises à rude épreuve. Car si les autorités veulent réellement tourner la page, encore faut-il qu’elles l’écrivent clairement. Le peuple, lui, attendait des réponses. Il hérite, pour l’instant, d’un exil sous haute discrétion.

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