L’ancien candidat à la présidentielle d’avril 2025, Alain Simplice Boungoueres, aujourd’hui conseiller spécial du président de la République, a été placé sous mandat de dépôt le lundi 27 octobre 2025 à la prison centrale de Libreville. La décision a été rendue par le juge d’instruction Junior Loïck Mangongo, à l’issue d’une audition prolongée, selon plusieurs sources proches du dossier.
D’après les premiers éléments de l’enquête, l’ancien candidat est soupçonné de malversations financières et de tentatives d’intimidation présumées liées à ses activités au sein du palais présidentiel. Ces accusations interviennent dans un climat de moralisation de la vie publique, marqué par une série de contrôles initiés par le parquet sur la gestion des fonds publics. Plusieurs hauts responsables administratifs et politiques auraient également été entendus dans le cadre de cette vaste opération de vérification.
La mise en détention provisoire d’Alain Simplice Boungoueres suscite un vif intérêt dans la sphère politique. Figure controversée mais respectée, il avait marqué la dernière élection présidentielle par un discours d’ouverture et un positionnement indépendant avant de rallier, quelques mois plus tard, l’équipe du président Brice Clotaire Oligui Nguema. Son arrestation, perçue par certains comme un signal fort de la justice, est interprétée par d’autres comme un épisode révélateur des tensions persistantes au sein du pouvoir.
Dans les milieux proches de l’ancien candidat, la prudence reste de mise. Ses partisans évoquent une cabale politique visant à affaiblir une voix influente dans le cercle du pouvoir, tandis que d’autres y voient la simple application du principe de reddition des comptes prôné par le chef de l’État. Pour l’heure, les avocats de M. Boungoueres n’ont fait aucun commentaire officiel, préférant attendre les conclusions des investigations en cours.
Cette affaire, au-delà du cas personnel de l’ancien présidentiable, met en lumière le nouveau visage de la gouvernance gabonaise, où la justice semble vouloir réaffirmer son indépendance face aux pressions politiques. Reste à savoir si cette dynamique marquera un véritable tournant vers une ère de transparence et de responsabilité, ou si elle ne sera qu’un épisode de plus dans la longue histoire des rivalités au sommet de l’État gabonais.