Le football gabonais traverse une nouvelle zone de turbulences. En cause : le licenciement jugé abusif de l’ancien sélectionneur des Panthères, Patrice Neveu. La FIFA exige de la Fédération gabonaise de football (Fegafoot) le versement d’une indemnité de 520 000 euros (environ 341 millions de FCFA) avant le 11 avril 2025, sous peine de sanctions sportives, notamment un retrait de points dans les éliminatoires de la Coupe du monde 2026.
Ce risque de sanction, confirmé par Jeune Afrique et Gabon Review, suscite une vive inquiétude. Déjà fragilisée par des tensions internes, la sélection nationale verrait ses chances de qualification sérieusement compromises : « Une situation embarrassante qui aurait pu être évitée avec un minimum de rigueur », confie un ancien cadre du ministère des Sports.
Mais au-delà de l’impact sur le terrain, cette affaire révèle un problème de gouvernance chronique : non-respect des engagements contractuels, opacité dans les décisions, gestion approximative. La FIFA pourrait se saisir du dossier pour sanctionner un manquement à l’éthique institutionnelle, entachant l’image du Gabon sur la scène internationale.
Dans un contexte de transition politique, cette crise devient aussi un test de crédibilité pour les nouvelles autorités, appelées à restaurer la confiance dans les instances sportives. Le règlement ou non de cette dette à Patrice Neveu dépassera donc la seule dimension financière : il incarne le choix entre continuité du laxisme ou rupture avec l’amateurisme.
À quelques jours de l’échéance, la réputation du pays et l’avenir des Panthères sont en jeu. Et avec eux, la nécessité urgente d’une réforme profonde du football gabonais.