Affaire Opiangah : l’UDIS dénonce une dérive judiciaire et appelle à la mobilisation citoyenne

L’Union pour la Démocratie et l’Intégration Sociale (UDIS) a rompu le silence ce jeudi 19 juin 2025 à travers une déclaration officielle dans laquelle elle dénonce une « machination judiciaire » contre son président, Hervé Patrick Opiangah, en exil forcé depuis plus de sept mois. Dans un ton grave et déterminé, le parti politique a présenté à la presse nationale et internationale ce qu’il considère comme les preuves d’un acharnement orchestré contre son leader, pointant des « parjures » et « manipulations » commis au plus haut niveau du système judiciaire gabonais.

L’UDIS s’appuie notamment sur l’arrêt du 8 mai 2025 de la Chambre d’accusation de Libreville, qu’elle considère comme un aveu à peine voilé des incohérences dénoncées depuis le début. Ledit arrêt confirmerait, selon l’UDIS, plusieurs anomalies dans les dates de dépôts de plaintes, les convocations policières, et les procédures engagées contre M. Opiangah. Le parti évoque entre autres des convocations antidatées, des plaintes qui n’auraient jamais été enregistrées dans les registres officiels, et des interventions musclées de la police judiciaire en totale violation des droits fondamentaux.

Pour étayer ses accusations, l’UDIS a dévoilé deux exploits d’huissier confirmant l’absence de dépôt formel d’une plainte de la part de l’un des plaignants présumés. Ces documents mettent en cause les procureurs ayant mené l’affaire, les accusant d’avoir travesti la vérité dans leurs réquisitions. L’un d’eux est même explicitement accusé d’avoir menti en direct à la télévision nationale lors du journal du 13 décembre 2024. « Un faux en écriture manifeste, un parjure », martèle le communiqué, qui s’appuie sur les articles 116 et 441 du Code pénal pour étayer ses arguments juridiques.

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L’UDIS déplore également la tentative de criminaliser son président à partir d’une plainte déposée cinq jours après son interpellation, contredisant ainsi le principe de légalité des poursuites. Le parti affirme que la procédure est entachée d’irrégularités, d’instrumentalisation politique et de violations flagrantes des droits de la défense. Pour ses responsables, ce harcèlement judiciaire vise à briser une figure politique indépendante et populaire, dont l’engagement social et économique, notamment à travers le CF Mounana dérangerait certains cercles du pouvoir.

Se réclamant de la justice, de l’État de droit et de la démocratie, l’UDIS lance un appel solennel à la communauté nationale et internationale pour dénoncer ce qu’elle qualifie de « dérive autoritaire du pouvoir judiciaire ». Le parti prévoit l’organisation de plusieurs manifestations pacifiques et assure qu’une copie de l’arrêt contesté, ainsi que de sa déclaration, sera transmise aux autorités judiciaires, au ministère de la Justice, au Conseil supérieur de la magistrature, aux ambassades et organisations internationales.

Clôturant sa déclaration par une citation du théologien Dietrich Bonhoeffer « Ne pas parler, c’est parler. Ne pas agir, c’est agir », l’UDIS réaffirme son engagement à poursuivre le combat pour la vérité et la dignité, non seulement pour son président, mais aussi pour tous les citoyens qui aspirent à une justice indépendante, équitable et respectueuse de la Constitution gabonaise.

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