Le Collectif des organisations de la presse (COP) est monté au créneau ce lundi 20 octobre pour dénoncer avec force les conditions d’arrestation et de détention du Directeur de publication de Gabon Media Time, Harold Leckat. Pour le collectif, cette affaire dépasse le simple cadre judiciaire, elle traduit une dérive inquiétante contre la liberté d’informer et la dignité humaine au Gabon.
Selon le COP, le journaliste a été interpellé de manière violente à son arrivée à l’aéroport international de Libreville, en provenance de Paris. Des individus se présentant verbalement comme des agents de l’antenne spéciale de la DGR, sans badge officiel ni accompagnement de la gendarmerie ou de la police de l’air, l’auraient maîtrisé avant de le jeter de force dans un véhicule. Aucun motif d’arrestation ne lui aurait alors été signifié.
Ce n’est que plusieurs heures plus tard, après des dénégations répétées, que la DGR a reconnu détenir Harold Leckat. Le collectif dénonce une interpellation illégale, contraire aux procédures en vigueur et aux garanties prévues par la Constitution. L’article 16 du texte fondamental stipule en effet que « nul ne peut être gardé à vue ou placé sous mandat de dépôt s’il présente des garanties suffisantes de représentation ». Des garanties que M. Leckat remplit pleinement, souligne le COP : ‹‹ il réside à Libreville, dirige une entreprise de communication reconnue, et dispose d’attaches familiales solides ››.
Mais c’est surtout la description des conditions de détention du journaliste qui a profondément choqué les professionnels des médias. Harold Leckat aurait passé cinq jours menotté à une chaise, contraint de dormir assis, sans pouvoir se rendre aux toilettes, se laver ni se brosser les dents. Dans la nuit du 16 octobre, il aurait même été victime d’un malaise, nécessitant son isolement des cellules collectives. Des faits que le COP juge « glaçants » et « indignes d’un État de droit ».
Présenté devant le procureur le 18 octobre, Harold Leckat serait poursuivi dans le cadre d’un contrat signé entre la Caisse des dépôts et consignations (CDC) et son agence Global Media Time, pour des prestations de communication. Le collectif rappelle que ce contrat relève du droit commercial, et non du droit pénal, et qu’il n’y a donc pas matière à parler de détournement de fonds publics.
Le COP voit dans cette affaire une « cabale politico-judiciaire » visant à museler une voix indépendante. Il exige la libération immédiate et sans condition d’Harold Leckat, ainsi que des réformes structurelles pour garantir la liberté de la presse et la protection des journalistes.