Activistes : La Haute Autorité de la Communication (HAC) hausse le ton face aux dérives

La Haute Autorité de la Communication (HAC) a tenu, le mercredi 30 avril 2025 dernier, une séance plénière ordinaire sous la présidence de M. Germain Ngoyo Moussavou. Au cœur des échanges : la multiplication des propos jugés inappropriés, diffamatoires et attentatoires à la dignité humaine sur les plateformes numériques. Une déclaration représentant un avertissement clair, à l’endroit d’une frange bien identifiée : les activistes qui se sont fait une spécialité de l’invective et de la polémique.

Dans son communiqué final, la HAC déplore « une telle propension nuisible » et condamne fermement « l’utilisation dévoyée des réseaux sociaux », par certains activistes nationaux comme étrangers qui s’attaquent indistinctement aux citoyens comme aux autorités de la République. Cette sortie médiatique traduit une volonté assumée des autorités de mettre fin à ce qu’elles perçoivent comme un chaos numérique entretenu par une parole sans frein, souvent portée par des figures visibles de l’espace public digital.

Le Gabon emboîte ainsi le pas du Cameroun, où les autorités ont récemment décidé de serrer la vis face aux dérives langagières de certains activistes et influenceurs, notamment ceux évoluant dans le divertissement ou le commentaire politique agressif. Dans ce pays voisin, plusieurs arrestations et interdictions ont rappelé à l’ordre des internautes habitués à la provocation virale et à la liberté sans responsabilité.

Toutefois, cette offensive soulève une interrogation majeure : le Gabon dispose-t-il d’un cadre juridique suffisamment clair pour réguler les réseaux sociaux, sans tomber dans l’arbitraire ou la censure ? La réponse reste floue. Si le Code de la communication gabonais encadre les médias classiques et les publications en ligne, il n’intègre pas encore de façon détaillée les plateformes numériques globales, pourtant devenues de véritables canaux de masse. Faute de lois spécifiques, ce sont souvent des notions générales comme la diffamation, l’injure publique ou l’atteinte à l’ordre public qui sont invoquées.

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Cette zone grise juridique pourrait à terme poser un problème : entre la volonté légitime de préserver la dignité et le risque de museler la liberté d’expression, la ligne est fine. D’autant plus que dans un pays démocratique, où la parole citoyenne se veut libre et où les réseaux jouent un rôle croissant dans l’information du public, toute tentative de régulation excessive pourrait y être perçue comme une atteinte.

Pour l’heure, le message de la HAC est limpide : les temps de l’impunité numérique semblent comptés. Et les influenceurs, blogueurs et autres créateurs de contenus sont désormais dans le viseur.

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