À peine deux jours après la visite surprise de Jonathan Ignoumba, ministre des Transports et de la Marine Marchande, un fait troublant vient assombrir les efforts de redressement entrepris : dans la nuit de dimanche à lundi, des individus non identifiés ont perpétré un cambriolage au Centre de Permis de Conduire, en plein cœur de Libreville.
Selon des sources concordantes, les intrus seraient entrés en forçant le toit du bâtiment, manifestement déterminés à éviter toute détection. Cet accès discret et minutieusement préparé laisse peu de doute sur leur objectif : ils étaient vraisemblablement à la recherche de documents sensibles, liés à la gestion des permis de conduire, un secteur où Jonathan Ignoumba avait justement relevé de nombreuses irrégularités lors de son inspection inopinée vendredi dernier.

Le ministre, lors de sa visite, avait décelé une confusion préoccupante dans l’organisation interne, dénonçant une dilution des responsabilités entre chefs de service et chargés d’études. Il avait exigé sur-le-champ une réorganisation rigoureuse et mise en garde contre toute forme de dérive administrative, promettant tolérance zéro face aux dysfonctionnements.
Le cambriolage survenu dans ce contexte suscite donc des interrogations majeures. Faut-il y voir une tentative désespérée d’effacement de preuves potentiellement compromettantes ? Une manœuvre visant à entraver les réformes attendues dans un secteur longtemps gangrené par l’opacité et les pratiques douteuses ? Si pour l’heure, aucun document officiel ne semble manquer selon les premières vérifications, l’enquête ouverte par les forces de l’ordre devra rapidement lever le voile sur cette opération audacieuse.

Face à cet incident, la méthode Ignoumba se trouve mise à l’épreuve. Après avoir désamorcé une grève illégale à la Direction Générale de la Marine Marchande en prônant l’apaisement et le respect des procédures légales, le ministre devra cette fois composer avec un autre type de défi : garantir l’intégrité physique et documentaire de ses services dans un climat manifestement plus tendu qu’il n’y paraît.
Plus qu’un simple fait divers, ce cambriolage expose les résistances souterraines auxquelles se heurte la volonté de réforme au sein des administrations. Dans un pays engagé dans une transition politique ambitieuse, la bataille pour la transparence s’annonce décidément rude.
À suivre.